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Affichage des articles du octobre, 2015

MEDIUM LES JOURS DE PLUIE : LA BULLOTHEQUE, RADIO RENNES


MEDIUM LES JOURS DE PLUIE / JEAN NOEL LEVAVASSEUR, OUEST FRANCE


MEDIUM LES JOURS DE PLUIE / COMME UNE GRANDE FILLE



Medium les jours de pluie de Louis Stephane Ulysse va changer votre rapport à la lecture!


Ce livre est inclassable, le genre je ne suis pas un roman classique, je ne suis pas non plus totalement fantastique sûrement un peu historique parce que je parle du rock dans ces plus belles années mais je ne peux pas être décrit en un seul mot et me classer dans une seule étagère. Je suis d’avis que l’on mettre ce livre au milieu de la librairie et que chacun le lise pour qu’on puisse tous en discuter. Je vais tout de même essayer de vous en parler un peu. Commençons par la musique puisque c’est le sujet le plus abordé. Si vous aimez le rock ce livre est pour vous et si vous ne connaissez pas toutes les histoires de tous ces groupes mythiques c’est aussi pour vous. C’est une immersion au cœur de l’histoire du rock. Ensuite il n’y a pas des chauves-souris pour rien sur la couverture la mort est en fond. Le héros doit retourner auprès de son oncle mourant et c’est là qu’il commence à lui raconter des histoires pour lui faire passer le temps et qu’il va à la librairie pour trouver tous les jours des histoires à lui raconter. Et surtout il est médium les jours de pluie! Oui oui… vous m’avez bien compris! Ce roman est drôle, tranchant, émouvant, cynique, empathique, fou. Et si tous ces dérèglements le rendaient totalement normal? Je vous conseille de courir l’acheter et le lire, vous ne serez plus jamais les mêmes enfin c’est surtout votre approche à la lecture qui va se transformer.Un énorme coup de cœur pour « Médium les jours de pluie » Je vous donne rendez-vous très vite!

MEDIUM LES JOURS DE PLUIE / CAFE POWELL





Medium les jours de pluie, Louis-Stéphane Ulysse, Le Serpent à plumes



Quelques jours avant notre départ effectif pour Los Angeles, cet été, nous y partions déjà en fiction avecMedium les jours de pluie, de Louis-Stéphane Ulysse. Et le voyage s’avéra mille fois plus déjanté que le vrai !
A Paris, Shoulberg est un agent artistique raté, qui déteste l’attention que son métier l’oblige à porter à de pédants fils et fille de, souvent dénués de talent. Après un pétage de plombs monumental, Shoulberg vit unenear death experience, et décide de changer de vie. Quand son oncle malade l’appelle à Los Angeles, Schoulberg plaque tout et s’installe à Los Angeles, où il fait connaissance avec l’entourage dudit oncle, Suzy, une vieille hippie barrée, et Mani, un Tamoul mystérieux. Une fois l’oncle mort et enterré, Schoulberg décide de rester dans la ville des Anges et mieux, de se monter un petit commerce lucratif, bien que basé sur une imposture. C’est ainsi qu’il devient un médium réputé, autour duquel gravite toute une joyeuse flopée de marginaux, dont la chanteuse Poison Ivy, endeuillée par la mort de Lux Interior, son partenaire à la scène comme dans la vie…
Medium les jours de pluie, Louis-Stéphane Ulysse, Le Serpent à plumes
Médium les jours de pluie fait partie de ces livres inclassables, qui partent dans tous les sens et tutoient l’absurde plus que de raison : aux côtés du héros, le lecteur sillonne les rues d’un Los Angeles halluciné ! L’histoire part dans tous les sens, fait des tours et des demi-tours, fait même une grosse excursion dans le fantastique, et perd bien souvent le lecteur qui, bien souvent, ne sait pas trop quoi faire de tous les détails dont on l’abreuve. L’ami Schoulberg finit par devenir un véritable intermédiaire entre les morts et les vivants, quand bien même il était 100% bidon à la base. Au delà des situations cocasses qui prêtent à sourire, Louis-Stéphane Ulysse nous parle du deuil, et de façon de réapprendre à vivre après la perte d’un être cher. Le désespoir de Poison Ivy est authentiquement touchant et c’est tant mieux car Schoulberg, lui, nous laisse de marbre.
S’y connaître un poil en musique est vivement conseillé pour apprécier ce roman. Aimer ne pas savoir où on va, ne pas savoir vraiment ce qui est vrai ou non, est indéniablement un pré-requis. Si la culture underground et le loufoque ne sont pas votre came, pas besoin d’ouvrir ce roman : passez directement votre chemin. En revanche, si les OVNI vous intriguent, foncez !

Medium les jours de pluie, Louis-Stéphane Ulysse. Le Serpent à plumes, 2015.

Emily est tombée dans le chaudron de la littérature quand elle était toute petite. Travaillant actuellement dans le monde du livre, elle est tout particulièrement férue de littérature américaine.




LE MOLOCO AUDINCOURT / 20 NOVEMBRE 19 H 00


LE BONBON NUIT / TEXTE SUR THTH ET SON WTF 2000

2000 What the Fuck par Louis-Stéphane Ulysse
1 octobre 2015
L’écrivain Louis-Stéphane Ulysse (Médium les jours de pluie/Serpents à Plume) nous gratifie d’un texte très à propos sur le deuxième volet sonore de 2000 What The Fuck, objet mental et poétique sorti tout droit de la cervelle de l’inénarrable Thierry Théolier (fondateur du syndicat du Hype et récent auteur du Dude Manifesto aux Éditions Denis Labouche).


La France a toujours eu un rapport singulier avec ses grands neuneus visionnaires. Qu’il s’agisse de Duchamp, Artaud, Isou, Lemaître ou Debord, on leur a laissé à la fois la place, tout en leur crachant à la gueule le plus souvent possible, avant de les exhumer avec admiration et respect de façon cyclique, c’est à dire à peu près tous les vingt ans, et le côté « belote » et « re-belotte » qui va avec.
Certains s’en sortaient mieux, avec un coup d’avance, comme Dali, en poussant au maximum les curseurs de leur atypisme, tandis que d’autres s’enfermaient davantage dans un non-retour sans appel. Me souviens par exemple de Maurice Lemaître au moment de l’accrochage de ses toiles à Beaubourg. Pour lui, une telle exposition, lui donnait certaines garanties financières sur son avenir. Il allait pouvoir vendre beaucoup plus cher, et ramasser la planche à billets qui lui avait manqué toute sa vie.
Au lieu de ça, Maurice m’expliqua le plus sérieusement du monde à quel point Pina Bausch, NTM, ou Warhol, lui étaient redevables. Parfois, il enlevait son sonotone quand il sentait que j’allais lui dire un truc qui ne lui plaisait pas.
Le lendemain, il fit décrocher toutes ses toiles pour je ne sais plus quel prétexte à la con. Le surlendemain, il distribuait sur le parvis des tracts tirés au stencil chez sa sœur dans la nuit, pour expliquer à quel point il était victime d’un complot infernal. Mais aujourd’hui, je rigole pareil en regardant ses premiers films, et j’ai vraiment une émotion de l’ordre de la tendresse quand je vois ses toiles.
2000 WTF, acte II, donne cet impression qu’il n’y aura pas de retour possible. Il n’y a pas cette ambiguïté de l’acte I où Corporate Prayer aurait pu devenir un tube par accident. En gros, s’agit d’un personnage sorti tout droit de chez Carpenter, qui attaque le commissariat avec un fusil à pigeons, en demandant aux poulets à l’intérieur de se rendre parce qu’ils sont cernés. THTH pourrait tout aussi bien prendre sa luge et aller pourrir les pistes de luxe, avant la descente des champions olympiques.
Charlie Feathers, lassé d’être comparé à Presley ou Cash, faisait ses disques à la maison. Pour les écouter, il fallait aller chez lui et expliquer autour d’une bière, parfois offerte, pourquoi on aimait tant ça. Si vous aviez su être convaincant, Feathers partait dans la pièce d’à côté, et en revenait avec la galette tant convoitée. Il est mort, il y a quelques années, et aujourd’hui, on n’a pas fini de recenser ses pépites en estimant à quel point, depuis que Tarantino et les Cramps entre autres, ont dit tout le bien qu’ils en pensaient, elles ont tout à fait leur place dans le panthéon de ces types qui racontent l’intimité des grands espaces.
La dernière fois que j’ai bu une bière avec TH, je le sentais un peu nerveux, ou simplement las, de la comparaison avec le Suicide des premières heures, dont je devais sûrement le bassiner sans m’en rendre compte. On était près de Châtelet. Il m’a fait tout un cirque pour l’accompagner à une expo sur Des Jeunes Gens Mödernes, chez agnès b. Quand il a compris que les faces exposées sur les murs, la plupart, je les avais connues ou croisées, je l’ai vu comme un gosse, brusquement très fier d’être avec une sorte de « survivor », que je n’étais pas, juste un idiot qui traverse les choses sans les voir, ce truc d’innocence ou de naïveté qui vous sauve toujours in-extremis des mauvais trucs.
En fait, Thierry avait cette attitude, je crois, qui fait qu’il n’était pas fier pour lui, mais content pour vous, que vous soyez-là, ou encore là, et il se plaçait sincèrement davantage sur quelque chose à partager, un moment, une émotion, sans le moindre calcul, et avec une vraie gentillesse. Sans doute que cet épisode, truc de rien, d’une après-midi grise dans Paris, entre deux rendez-vous, m’a permis de le voir, de le lire, de l’écouter autrement.
Je ne pourrais pas dire quel est son vrai moteur, je crois qu’il a un grand amour dans sa vie, la beauté « Sternberguienne » souvent évoquée, une vraie blessure aussi à l’endroit de son frère Jean-Pierre (chanteur et guitariste du groupe post-punk Seconde Chambre figurant par ailleurs à cette exposition chez agnès b.), peut-être, qui donne un « tout ça » qui lui permet aussi d’appréhender les choses autrement, en « vrai ».
La comparaison avec Reev et Vega, elle tient au souffle de la reverb sur leurs amplis à lampes, au moment de leurs premières démos sur K7, un temps commercialisées post-tube Juke box babe chez Rhino records. Certains morceaux sont captés durant des concerts où on sent quand même que ce n’est pas la foule, et d’autres surgissent d’un local de répétition pas forcément bien insonorisé.
Pourtant ce qui frappe dans tout ce bruit pas encore bien agencé, c’est cette capacité à résister au monde des autres, encore et toujours, d’être dans sa bulle, à faire entendre à tout prix sa voix, parce que même si elle n’est pas propulsée en avant, ni soutenue, elle vaut au moins pareil que celle des autres.
Vega venait des arts plastiques, ThTh ça tient plutôt du « web2merde », mais il y a la même volonté de trouver et de tenir l’organique, le truc avant tout les autres. La bible et Shakespeare disent « au début était le verbe» , là où Céline dit « Au début était le cri ».
C’est bien ampoulé et gommeux de la ramener sur TH après l’évocation de tels noms, mais il y a quand même, là aussi, cette même volonté entêtée, butée, de trouver un début au désordre sans fin. Il y a cette énergie de creuser, de faire des trouées, sans le moindre filet de protection, avec toujours ce danger de « ridicule » ou de « rien », ce risque d’incompréhension totale avec ses contemporains, « ne compter pour rien » ou être « content pour rien»... 
On peut l’écouter à une certaine heure et trouver ça parfaitement naze, mais on peut aussi l’écouter à un autre moment en se disant qu’il y a là, quelque chose de parfaitement vital. Il n’y a pas la moindre illusion ou le moindre pari sur le temps, la crédibilité, et la légitimité ; il y a seulement ce type qui est perché dans son « bon droit » avec ce côté « c’est ça, c’est moi, et pas autre chose »
Clairement, il y aura quand même un problème le jour où des milliers de « suckers » feront du ThTh, avec le soutien des majors ; ça pourrait donner des rangées de fœtus uniquement en communication avec les battements de leur coeur, en nageant dans le ventre de leur mère. Mais tout aussi clairement, si demain les moteurs de recherches continuent à tourner comme ils tournent, c’est bien possible que quand on se demandera « qui à fait quoi » aujourd’hui, il y aura Thierry Théolier qui resurgira comme un machin unique, incongru peut-être, drôle ou pas, mais vivant et sans égal. Une trace de vie.