Articles

Affichage des articles du juin, 2015

FAUGERES / MIDI LIBRE


L'écrivain Louis-Stéphane Ulysse rencontre son public à Faugères les 23 et 24 juin à l'occasion de la parution de son nouveau roman, Médium les jours de pluie.
Résidant permanent d'une île au large de la Grèce, Louis-Stéphane Ulysse, écrivain et scénariste, sera en rencontre-signature lors des Nocturnes du Moulin de Faugères en partenariat avec la librairie Joie de connaître sur le thème des livres et du vin.

SOIREE LITTERATURE ET VIN / MOULIN DE FAUGERES


MEDIUM LES JOURS DE PLUIE / ROCK'N FOLK, AGNES LEGLISE


RENCONTRE A LA NOUVELLE LIBRAIRIE SETOISE MARDI 23 JUIN


PASSAGE FRANCE DU 23 AU 30 JUIN


PREMIÈRES LIGNES / MEDIUM LES JOURS DE PLUIE




 Je suis dans le noir… On dit qu’il vaut toujours mieux écrire comme si l’on était mort, sans doute afin de mieux se détacher de la particularité de nos vies, en restant seulement sur ce que nous avons en partage, sans pesanteur, comme un courant passant de l’un à l’autre, au travers des autres, sans raisonnement ni jugement, toujours avec le même flux, le même fluide… 
 Avec cette histoire, j’ai appris que les morts, à bien des égards, étaient plus vivants que nous croyons l’être. S’ils n’aiment pas la lumière naturelle, et répugnent à nous parler en sa présence, c’est tout simplement parce qu’elle ressemble à ce que peut être la nuit pour nous. Le jour, ils ne voient pas grand-chose, et peinent à distinguer le contour des formes, autant que la fluorescence des auras. Ils ont leur lot de superstitions et de traumatismes, comme nous avons les nôtres. Ainsi, la simple lueur d’une allumette, peut-elle leur rappeler le mauvais moment où certains d’entre eux durent affronter les flammes de la crémation. Quant à la répugnance qu’ils éprouvent à nous suivre au fond d’un parking, d’un métro, d’une cave, ou même dans les chiottes d’un café, elle se rattache au jour où certains se sont retrouvés, pas toujours au gré de leurs dernières volontés, enfouis profond dans la terre, comme si ceux qui restaient, souhaitaient oublier la peine provoquée par leur disparition… L’enfouir, l’enterrer, comme des animaux qui ne savent pas quoi faire de leur douleur. 
 À plusieurs reprises, et contrairement à une croyance fort répandue chez les vivants, Schoulberg m’assura que les morts éprouvaient finalement bien peu d’intérêt à notre endroit, sauf, bien entendu, pour ceux qui nous avaient connus, et qui désiraient nous rester proches et – parfois – bienveillants. 
 « Il ne s’agit pas de mépris mais, bien davantage, d’une indifférence quelque peu atone et distanciée, voyez-vous, comme lorsqu’un troupeau croise un autre troupeau sur le chemin d’un point d’eau. Ils sont de la même espèce, mais ils ne sont pas sur la même rive. Certes, la source est identique, mais il est aisé de comprendre que les morts ne puissent la considérer du même point de vue que les vivants. La différence, selon moi, c’est que les vivants savent bien peu de choses sur les morts, là où les morts savent toutes sortes de choses sur les vivants. » 
 J’acquiesçais en évitant de croiser le regard de Schoulberg, car, à cette époque, je pensais qu’il était complètement timbré.

HAROLD / VINOSSE


SORTIE MEDIUM LES JOURS DE PLUIE

Présentation de l'éditeur : 

Schoulberg, agent artistique raté, pour une maison de disque, quitte la France et devient un médium réputé à Los Angeles. 

Débarque alors une flopée de marginaux, des vivants et des morts dont Lux Interior, le décédé chanteur des Cramps à la recherche de Poison Ivy, son amour éternel. 

Entre roman fantastique et hommage aux destins brisés du blues et du rock, Louis-Stéphane Ulysse – croisement entre Paul-Thomas Anderson et David Lynch – nous offre un hymne flamboyant à la culture underground et prouve que nous avons encore beaucoup à apprendre des morts.Louis-Stéphane Ulysse, écrivain et scénariste, a publié plusieurs romans, paru chez Florent-Massot, Flammarion, Calmann-Lévy, Panama ou, le dernier en date, au Serpent à Plumes (Harold, 2010). Il vit actuellement en Grèce.