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COMPLÉMENT DOSSIER DE PRESSE HAROLD (FORMAT TEXTE)

PHILIPPE CHEVILLEY, ADRIEN GOMBEAUD / LES ECHOS
L'homme n'est plus de taille à affronter les mythes. L'écrivain moderne préfère avoir recours à des héros d'une autre trempe pour donner la réplique aux icônes de notre temps. Deux des plus singuliers romans de la rentrée, l'un écossais, l'autre français, évoquent la vie tumultueuse de deux monstres sacrés d'Hollywood - Marilyn Monroe et Tippi Hedren, l'héroïne des « Oiseaux » d'Hitchock -, à travers le regard perçant de leur animal de compagnie, l'un à poils, l'autre à plumes.
Ne soyez pas surpris si, en tournant les pages du livre d'Andrew O'Hagan, vous entendez un jappement étouffé, c'est bien un chien qui vous parle. Maf a l'étoffe d'un supercabot. Un esprit supérieur venu dire aux hommes ce qu'ils font semblant d'oublier depuis qu'ils marchent sur deux pattes : les animaux pensent et parlent - jamais pour ne rien dire, eux… Cet adorable bichon est non seulement un chien de race, mais un chien de classe, qui a eu le privilège d'accompagner les deux dernières années de la vie de Marilyn.
Amour brechtien
Le roman de l'écrivain écossais Andrew O'Hagan, au titre plus long qu'une portée de teckels, « Vie et opinions de Maf le chien et de son amie Marilyn Monroe » est un vrai régal d'humour et d'érudition ; une fable sensible et profonde sur un monde en plein boom, dont la fêlure est à peine visible : l'Amérique optimiste, presque utopiste, du début des années 1960.
Les penchants socialistes de notre héros (il vénère en secret la mémoire de Trotski) en font un observateur critique idéal de la société de consommation et de ses icônes. Maf a vraiment été le chien de Marilyn Monroe. Ramené d'Angleterre par la mère de Nathalie Wood, offert à Frank Sinatra, qui en a aussitôt fait don à Marilyn Monroe pour la consoler de sa rupture d'avec Arthur Miller. Le nom de Maf - Maffia Honey -est un hommage caustique aux amitiés sulfureuses du chanteur.
Le chien entretient avec sa maîtresse un amour brechtien : inconditionnel, mais pas aveugle. Débarrassé de tout ego déplacé, il est le biographe idéal de la star. La Marilyn de Maf est aussi belle que tragique. A travers ses yeux, Andrew O'Hagan nous fait percevoir un personnage profondément humain, subtil et talentueux, que la célébrité mine de l'intérieur au point de lui faire perdre son identité.
Harold, lui, ne court pas, il vole. Il se pose dans les rues de Vienne en 1957. Il est noir, possède un long bec aiguisé et un regard impénétrable. Harold est un corbeau. Sa carrière débute dans la troupe d'un sombre magicien nommé Lazlo. Avec lui, Harold gagne les cabarets de Montmartre, puis traverse l'Atlantique et part pour Las Vegas.
On le retrouve dans la baie de Bodega. Là, en bordure du Pacifique, Alfred Hitchcock tourne « Les Oiseaux ». Volatile parmi des centaines de volatiles, Harold intègre le casting. La vedette est un mannequin nommé Tippi Hedren. Elle aussi débute au cinéma. Tippi est blonde, glaciale, fascinante. Entre l'actrice et le corbeau débute une histoire trouble et passionnée. Pendant des années, il sera son ange gardien. Un ange noir, dangereux, prêt à tuer.
Revanche sadique
Lyrique, foisonnant et envoûtant, « Harold » est un édifice ambitieux qui n'a pas beaucoup d'équivalent dans le paysage français. Louis-Stéphane Ulysse a créé un univers sang et sépia, où se mêlent des personnages réels (Hitchcock, son équipe, le génial producteur Lew Wasserman…) et de pures inventions romanesques. Il semble que, comme pour Maf, l'intrigue de départ soit vraie. Tippi Hedren aurait effectivement noué un lien particulier avec l'un des oiseaux du film. L'obsession d'Harold pour la comédienne répond dans le livre à celle d'Hitchcock. Le réalisateur, obèse et vieillissant, n'était-il pas rongé de désir pour la superbe jeune première qui le rejetait ? Les épreuves subies par l'actrice sur le tournage des « Oiseaux » et de « Marnie » auraient été la revanche sadique d'un cinéaste complexé et malheureux.
En toile de fond de cette relation, Louis-Stéphane Ulysse ressuscite le Los Angeles des années 1960 : ses sous-sols sordides qui peuvent rappeler James Ellroy, comme ses strass, ses fêtes, son glamour, ses potins. Dans les dernières pages, le roman évoque brillamment l'évaporation de ce monde. Les derniers beaux jours d'Hollywood : une époque qui s'envole, tel un oiseau majestueux dans un crépuscule en Technicolor.

JACQUES LINDECKER / L'ALSACE
Hollywood
Le mal sous les feux de la rampe
Bret Easton Ellis et Louis-Stéphane Ulysse nous entraînent dans les coulisses de la machine à rêves, Hollywood. Vertigineux, sanglant, époustouflant.
1985. Un jeune auteur américain de 21 ans fait sensation avec son premier roman : Moins que zéro de Bret Easton Ellis connaît un succès foudroyant, une critique quasi-unanime… et fait scandale pour la violence de certaines scènes.
On se souvient de Clay, son héros, qui, étudiant sur la côte Est, revenait à Los Angeles pour les fêtes de Noël, errant de fête en fête, d’orgie en orgie. Jeunesse dorée, détachée de tout, prête à tous les excès, jusqu’à l’horreur absolue, pour se donner un semblant de frisson. 2010. Bret Easton Ellis, reconnu comme un écrivain majeur de sa génération, notamment avec American Psycho, tente un coup de poker littéraire incroyable en ressuscitant dans Suite (s) impériale (s) ses personnages de Moins que zéro. Les Clay, Rip, Trent, Blair ou Julian ont 25 ans de plus et ont pris le pouvoir à Hollywood. Ils se haïssent, mais ne peuvent s’éviter, entre cocktails pathétiques et avant-premières de films minables. En fait, nos magnats s’ennuient toujours autant. Clay est devenu un scénariste et producteur entouré, tout particulièrement par de jeunes actrices qu’il amène dans son lit avec de vagues promesses de rôles dans ses films. Jusqu’au jour où l’une de ces starlettes va le troubler plus que de raison, où Clay va découvrir, au-delà de toutes les expériences démentes qu’il a déjà pu vivre, que la folie règne autour et en lui. On ne rit plus de la comédie de ces bouffons, on est entraîné dans une vertigineuse descente aux enfers. C’est la question du mal, absolu, terriblement humain, qui est posée ici. On lit comme on combattrait sur un ring, on sort du livre sonné. Époustouflant. Louis-Stéphane Ulysse, l’un des romanciers français les plus talentueux, s’attaque aussi à Hollywood. A un morceau de bravoure : le tournage des Oiseaux de Hitchcock, et à la névrose obsessionnelle qui tourmentait ce « brave » Hitch pour les blondes hiératiques. Il avait eu Eva Marie Saint, Grace Kelly, Kim Novak, et là, il va miser sur une inconnue, Tippi Hedren. L.-S. Ulysse met en place, pour raconter cet épisode particulièrement croustillant, voire délirant, de la saga hollywoodienne, un dispositif extrêmement ingénieux : passer la folie des hommes à la moulinette du regard d’un… corbeau. Celui-ci, Harold, qui donne son titre au roman, a connu Vienne, Paris, Las Vegas. Ayant frôlé la mort, il s’est éloigné des hommes tout en se servant d’eux. Supérieurement intelligent, il ne connaît pas le partage. Il règne, fascine, effraie, ne laisse jamais indifférent. Et lui aussi va s’enticher de Tippi Hedren, pour le meilleur et pour le pire… Le livre se dévore d’un trait, c’est brillant, très documenté (on en avait oublié le poids de la mafia à Hollywood), on est proche d’un James Ellroy. Ou comment se brûler les ailes à trop vouloir s’approcher du soleil.
Jacques Lindecker
LIRE « Suite (s) impériales (s) », Bret Easton Ellis, éd. Robert Laffont, 230 p., 19 €. Les éditions R. Laffont rééditent « Moins que zéro » dans une traduction revue et corrigée par Brice Matthieussent (232 p., 19 €). « Harold », Louis-Stéphane Ulysse, éd. Le Serpent à plumes, 342 p., 19 €.

SITE ARTSCAPE
Harold de Louis-Stéphane Ulysse
Editions Le Serpent à plumes, août 2010, 341p., 19€
Truculent, fantaisiste, tout en retraçant le contexte historique du tournage des Oiseaux d’A. Hitchcock, Harold de Louis-Stéphane Ulysse est une pure merveille.
Pourtant, le résumé de quatrième de couverture ne laisse pas présager d’un tel trésor. On se dit que ça va être sérieux et ranplanplan: « L’histoire d’un corbeau et d’une actrice. Autour d’eux, Alfred Hitchcock, Eva Beaumont, Lew Wasserman, Mickey Cohen, les redoutables frères Gianelli, Abraham Zapruder, s’affrontent et se croisent dans un récit qui flirte avec le roman noir et le technicolor ».
Or, Louis-Stéphane Ulysse tisse une trame narrative tout en finesse entre ces différents personnages auxquels il mêle des héros fictonnels tel Chase Lindsey.
L’auteur décrit non seulement le tournage du film Les Oiseaux, avec pour actrice principaleNathalie Kay dite ‘Tpippi’ Hedren, et sa relation compliquée avec le brillant bien que perturbé réalisateur Hitchcock.
« Le dernier soir de cette semaine de travail, les studios étaient déjà désertés, et Chase n’aperçut pas le coupé de Tippi devant la caravane. Sans doute l’actrice avait-elle déjà filé. Néanmoins, la porte de sa loge était ouverte. Hitch était là. Et tout de suite Chase comprit que quelque chose ne cadrait pas. Hitch lui faisait face, debout, un regard sans surprise, fumant son cigare, un verre à la main, bras de chemise et bretelles, un ‘Ah, c’est vous, Chase…’ seulement pour la forme. Il y avait une bouteille de porto sur la table, largement entamée. ‘Vous venez chercher votre corbeau, n’est-ce pas?’ L’élocution était pâteuse: ‘Oui, monsieur, mais je ne le vois pas… – Je crains fort qu’il se soit envolé. Finalement, il n’avait pas grand chose à faire ici, il était plus intelligent que nous… Toute cette histoire, je le crains, est devenue particulièrement ridicule. Nous autres, les hommes, sommes prêts à tout pour la princesse [Tippi] mais la princesse n’a d’yeux que pour le corbeau! Tout ça n’a aucun sens… Voulez-vous trinquer à notre défaite, Chase? – Oh, non, monsieur, je ne crois pas que cela soit une bonne idée… – Ah, bon, parce que les ploucs ont des idées, maintenant? Ouvrez les yeux, mon jeune ami, ouvrez-les bien grands et dites-moi ce que vous pensez de ce naufrage. Je lui ai tout donné, tout offert, sans moi elle ne serait qu’une mère célibataire, un mannequin sur le déclin, demain elle sera une star, la nouvelle blonde d’Hitch! [...] Un échec… J’ai capturé ses traits mais son âme n’y est pas… A-t-elle une âme au moins? Regardez ses vêtements, ses fourrures, ses chaussures… Tout est à elle, mais elle n’est pas là…’ (pp.120-121).
Mais L.-S. Ulysse parvient en plus à évoquer les événements historiques du début des années 1960 qui ont marqué l’Amérique: la baie des Cochons, l’assassinat de Kennedy, la guerre du Viêt-Nam, etc. Mêlant toujours réalité et fiction.
Le style est limpide, ni trop sec ni enrobé de tournures pédantes. Ll’écrivain tire les ficelles de son récit avec une grande ingénuosité.
Bref, c’est un véritable coup de coeur, qui figure parmi les meilleurs livres de ma pile « rentrée littéraire ». A découvrir d’urgence!

MIKAËL DEMETS / SITE "NOIR COMME POLAR"
Harold est un roman insaisissable, mouvant, qui ne cesse de bifurquer, mêlant avec subtilité les tons et les genres. Partant du célèbre film d'Alfred Hitchcock Les Oiseaux, Louis-Stéphane Ulysse bâtit une intrigue étonnante. A mi-chemin entre réalité et fiction, il met en scène les à-côtés d'un classique du cinéma d'épouvante, dont le tournage faillit virer au cauchemar pour l'actrice principale Tippi Hedren, coincée entre les becs acérés des oiseaux et le harcèlement épuisant d'un Hitchcock envahissant comme un adolescent transi. Et puis, rapidement, Ulysse prend de la hauteur, enchevêtrant le vrai et le faux, donnant à son texte des allures de portrait éclaté du Hollywood des années 1960. En se focalisant sur un essaim de personnages secondaires, tous réels, en multipliant les digressions sur les hôtels ou les anecdotes sur tel ou tel événement, l'écrivain parvient à capter l'essence d'une époque tourmentée, ces années JFK qui ont tant nourri l'imaginaire du roman (et du film) noir. Au fil des chapitres courts, Louis-Stéphane Ulysse mène sa barque avec aisance, alliant une écriture nerveuse à une construction dynamique et très plaisante à la lecture - seul le deuxième quart du livre souffre de quelques longueurs, avant de reprendre le rythme. Polar sombre, plongée dans l'envers du rêve américain, texte érudit sur le cinéma ou récit quasi fantastique, Harlodreflète le monde qu'il décrit : instable, ambivalent, séduisant mais dangereux, pourri par le perversion, l'argent, le sexe et la  mafia. Au point qu'on le croirait écrit à partir de scènes coupées, rushes oubliés du fantasme hollywoodien.
Mikaël Demets

JEAN-LUC DOUIN / LE MONDE
Cinéma, littérature... Hitchcock présente bien
Les cinéastes suffisamment légendaires pour être transformés en personnages et être incarnés par des acteurs ne sont pas pléthore. Ce fut le cas de Charlie Chaplin, de Sergueï Eisenstein, deFriedrich Wilhelm Murnau. Et aussi d'Alfred Hitchcock, auquel Dan Fogler, Anthony Hopkins etLomax Study ont tour à tour prêté leurs traits. Un certain Ron Burrage hérita trois fois de ce rôle, avec d'autant plus de facilité qu'il est le sosie officiel du maître du suspense. Son apparition dansLooking for Alfred, en 2004, valut l'International Media Award du court-métrage à son metteur en scène, le Belge Johan Grimonprez.
Revoilà les deux compères cette semaine, dansDouble Take : un film de montage de Johan Grimonprez dans lequel Ron Burrage cherche à tuer Hitchcock, et vice versa. Collant des bouts d'archives télévisuelles, des plans de films du cinéaste - dont un florilège de ses apparitions dans ses propres films - et des scènes tournées par ses soins sur une bande-son où il imite la voix d'Hitchcock, Grimonprez orchestre un récit manipulateur sur le thème du double.
La rivalité entre les deux Hitchcock (le vrai, le faux) est illustrée, entre autres, par un habile patch-work, mixage d'images des activités de Ron Burrage comme liftier à l'hôtel Claridge ou comme serveur au Savoy, et d'inserts de tasses de café dans les films de Sir Alfred. Pour semer le doute, Grimonprez joue sur la confusion créée par Hitchcock cinéaste et la série télévisée qu'il présenta (était-ce le même ?), rappelant la rivalité qui opposait alors les deux médias, une guerre froide coïncidant avec les rapports glacés entretenus entre l'Ouest et l'Est, Nixon et Khrouchtchev.
Métaphore d'une invasion
Il juxtapose les menaces de cette crise politique internationale et l'occupation des foyers par le petit écran, au moment même où Hitchcock tourne Les Oiseaux (1963), métaphore d'une invasion ennemie. Et donne à réfléchir sur la frontière floue qui sépare réalité et fiction, sur la paranoïa, l'art de détourner les images...
C'est aussi le tournage des Oiseaux qui a inspiré à Louis-Stéphane Ulysse un roman au fantastique déroutant dans lequel la glaciale actrice Tippi Hedren vit une idylle inattendue avec l'un des figurants du film : un corbeau. Harold (Le Serpent à plumes, 344 p., 19 euros) est le nom de ce volatile blessé, dangereux, qui séduit la blonde frigide par un battement d'ailes, rendant Hitchcock jaloux et furieux.
Et longtemps après la fin de ce film où des oiseaux se révoltent contre les humains, le soupirant devenu indésirable vole au-dessus de la demeure de l'actrice, s'éloignant de la fenêtre de sa chambre au moment où elle commence à se déshabiller.
Les studios s'arrachent par ailleurs les droits d'adaptation au cinéma du livre de Robert Graysmith paru cette année aux Etats-Unis : The Girl in Alfred Hitchcock's Shower (Berkley Books, en anglais, 320 p., 21,34 €). Auteur du Zodiac transposé à l'écran par David Fincher, Graysmith raconte comment il a retrouvé la trace de Marli Renfro, la strip-teaseuse qui se dénuda à la place de Janet Leigh pour la scène de douche du film Psychose.
L'écrivain américain était tombé en 1988 sur un article de journal annonçant le viol et le meurtre de "la doublure de Janet Leigh". Enquête faite, il s'agissait de Myra Davis, la doublure lumière de la star, effectivement retrouvée nue sur son lit, étranglée. Marli Renfro, elle, vivrait dans le désert des Mojaves, au sud de la Californie, après être réapparue au cinéma dans Tonight for Sure(1961), premier film de Francis Coppola, dans un rôle de nudiste.
Cette scène de douche de Psychose inaugure Point Oméga, le roman de Don DeLillo qui vient de paraître en France, chez Actes Sud. Projetée au ralenti dans une salle du MoMa, à New York, elle hypnotise un visiteur qui se mue en " ombre contre le mur". Symbole de ce que dénonce Don DeLillo : un minéral soumis aux images.

Jean-Luc Douin


SITE PAPERBLOG CULTURE, LIVRES
342 pages qui happent le lecteur...
Etat de Californie, 1961, Chase éleveur d'oiseauxs recueille un corbeau blessé. A sa patte, il découvre une bague argentée gravée au nom d'Harold. Très vite, Harold se montre très différents des autres oiseaux : intelligent et comme poussé par une détermination d'arriver à des propres fins. Chase est contacté pour participer au tournage du film Les oiseaux d'Alfred Hitchcock. Entre la fascinante actrice Tippi Hedren et Harold, une relation très étrange s'instaure. L'oiseau semble s'être appropriée l'actrice. Chase se méfie des réactions d'Harold et il a bien raison. Le tournage du film prend plus de temps que nécessaire et Chase découvre l'arrière du décor du cinéma d'Hollywood à ses propres dépens.
Avertissement : O toi, l'amoureux de la nature qui t'émerveille avec tendresse devant un merle picotant un ver de terre ou un rouge-gorge qui chante aux aurores, après ce livre, ta vision des oiseaux sera modifiée...
Quel livre ! Dès les premières pages, il se dégage une ambiance particulière. On pressent qu'Harold est bien loin d'être d'un corbeau commun. Avec une écriture qui se révèle un véritable appeau, impossible de s'en détacher !
Et c’est avec plaisir que j’ai suivi le tournage du film mythique Les oiseaux. Les détails, les problèmes techniques permettent de revisionner ce film sous un autre angle. Tout s'enchaîne à merveille et je me suis déconnectée du présent. La forte personnalité d'Hitchcock, l’énigmatique Tippi, les inquiétudes de Chase, l’ensemble crée une tension palpable.
Au fil des pages, on plonge dans une autre ambiance liée au contexte de l’époque. Sous les paillettes du Hollywood des années 60, il y a la mafia, l'agent sale et des politiques qui veulent mettre de l’ordre. Changement d’ambiance, Chase le gentil éleveur devient l’un des rouages d’une histoire sombre. Et, l’ombre d’Harold devient plus inquiétante…
Je n’ai pas vu le temps passer tellement prise par cette lecture ! Déconnection totale avec le présent garanti. Résultat, j'ai frôlé le coup de cœur… Un livre dont la trame est orchestrée avec brio et dont écriture enrole le lecteur !


CHRONIQUES RADIO KAOLIN
Harold
Californie, 1961. Chase Lindsey vit dans une ferme près de Waldon, dans laquelle il élève des oiseaux, « dans une région incertaine, hésitant entre la fin des montagnes du Nevada, à l’est, et les forêts californiennes à l’ouest. » Il mène une vie de reclus, ses journées rythmées par les soins apportés aux oiseaux et par les différentes réparations à effectuer dans la ferme.
Le bel ordonnancement de son élevage va être bouleversé par l’arrivée d’un oiseau blessé, un corbeau étrange qui porte une bague à la patte sur laquelle figure son nom : "Harold". Impossible de savoir d’où vient cet oiseau, mais Chase s’aperçoit très vite qu’il n’est pas comme les autres corbeaux qu’il a pu dresser : Harold semble doté d’une intelligence exceptionnelle, mais il est aussi un oiseau dangereux, capable de tuer son rival pour rester le maître de la volière de Chase.
Contacté par un autre éleveur, Chase est invité à participer, en 1962, au tournage du dernier film d’Hitchcock à Hollywood : « Les oiseaux ». Conscient que l’argent ainsi récolté lui sera utile pour continuer à faire marcher son élevage, Chase va néanmoins se retrouver dans un univers étrange où les acteurs, réalisateurs et producteurs côtoient les plus redoutables mafieux de l’époque. Entre fascination pour le monde du cinéma, admiration pour l’actrice principale du film Tippi Hedren et soirées où drogue, alcool et argent se mélangent, Chase va se laisser emporter par ce milieu et se retrouver pris au piège des magouilles mafieuses qui le dépassent.
Au-dessus de tous ces personnages, Harold observe. Et surtout, Harold est hypnotisé par Tippi Hedren, se pose gentiment sur son épaule pendant le tournage du film et reste près de sa maison, faisant fuir les intrus à coups de bec mortels.
Etrange mais néammoins intéressant point de départ pour une histoire qui plonge le lecteur dans le milieu du cinéma hollywoodien, à une époque où la ligne de démarcation entre les industriels du cinéma et les patrons de la pègre est bien mince. D’une écriture précise, vive, Louis-Stéphane Ulysse nous entraîne avec bonheur sur les plateaux de cinéma, nous fait voir l’envers du décor et le caractère assez épouvantable d’un Alfred Hitchcock littéralement obsédé par son actrice principale. Malgré une réserve sur la fin (les derniers chapitres) qui m’a paru un peu surprenante, « Harold » est un moment de lecture que j'ai beaucoup apprécié, qui oscille entre roman sur le cinéma et roman noir.
« La vérité, c’est que Chase se sentit soudainement comme un gamin face à l’imposante stature. Le jeune fermier hésitait entre le respect et l’envie de rire devant les manières presque enfantines d’Hitch. Un bouddha sacré qui n’aurait pas supporté la moindre contrariété, surtout si elle provenait d’un autre homme. »
"Harold" Louis-Stéphane Ulysse (Serpent à Plumes, 19€)
Par Catherine Demontpion


SITE "LE GENOU DE CLAIRE"
Un roman cinéphile : Harold de L.S. Ulysse
Publié le 17 octobre 2010 by legenoudeclaire| Commentaires fermés
Harold, c’est un corbeau qui tombe amoureux de Tippi Hedren…Un ami qui ne lui veut pas que du bien… Et ce n’est pas le seul drôle d’oiseau de l’histoire!
Le roman Harold de Louis-Stéphane Ulysse (sorti en librairie le 26 août 2010 aux éditions du Serpent à plumes), utilise le tournage desOiseaux d’Alfred Hitchcock pour nous immerger dans le Hollywood des années 60… et d’après.
Un roman doté d’une écriture vive et cinématographique, avec des personnages attachants et troubles. L’auteur est scénariste et connaît ses classiques en matière de cinéma. Ceci explique peut-être cela.
A l’image d’un film choral, on y croise Hitchcock himself, Tippi Hedren, sa fille Mélanie (Griffiths), Chase , un gars simple, des mafieux, une starlette malchanceuse (double de Tippi , qui fait penser au Dahlia noir d’Ellroy, d’ailleurs en lisant je pensais aussi à LA confidential … Il  y a pire comme comparaison!)
C’est un roman à thèmes multiples, l’amour, le désir, l’illusion. Certes, c’est un  polar,mais  c’est aussi  un bel  hommage à  un monde disparu :  Hollywood dans les sixties. Une chose est certaine : après la lecture d’ Harold, vous ne regarderez plus comme avant Les Oiseaux d’Hitchcock – ou un corbeau d’ailleurs!
Harold, de Louis-Stéphane Ulysse, Editions Le Serpent à plumes – Août 2010
Pour connaître les news du roman (dédicaces – interviews – buzz)  http://lsustocks.blogspot.com/2010/10/news.html
Le mardi 16/11/2010, « Harold » est présenté par Vincy Thomas dans l’émission sur France inter « Voulez – vous sortir avec moi ? »  animée par Charlotte Lipinska. Émission à retrouver sur France Inter : rtsp://son.radio-france.fr/chaines/itema/15916/15916_16112010_2010F15916S0320.rm
Un avis a été publié sur Ecran Noir.fr mercredi 24 novembre

SITE "CAO SOLTEIRO" / QUEBEC
Louis-Stéphane Ulysse convoque l'une de ses plus grandes passions : le cinéma hollywoodien des années 50 et 60. Dans Harold, il revient sur le tournage des Oiseaux d'Alfred Hitchcock, et n'hésite pas, pour cela, à faire d'un corbeau... son personnage principal.
Roman sur le désir et sur l'implacable fascination qu'exercent ceux qui nous sont inaccessibles, Harold est une fascinante plongée parallèle dans les coulisses d'Hollywood. Un livre qui mêle évènements fantasmées et anecdotes véridiques, personnages historiques et acteurs imaginaires.
“Nathalie Fiszman, des éditions du Serpent à plumes, cherchait un texte autour de la personnalité d'Alfred Hitchcock. Un soir, j'ai revu Oiseaux et le documentaire de bonus sur le DVD. Dans ce doc, Tippi Hedren et Rod Taylor racontaient des anecdotes avec les vrais oiseaux, dont deux corbeaux, Buddy et Archie. Buddy suivait Tippi partout. Quant à Archie, il avait pris Rod Taylor en grippe, au point de lui foncer dessus tous les matins. Je me suis dit que ça serait amusant de raconter le tournage du film, via le regard et la sensibilité d'un corbeau.” Louis-Stéphane Ulysse

LE BLOG DE DASOLA
Harold - Louis-Stéphane Ulysse
J'ai acheté, parmi d'autres, ce livre pour la bibliothèque dont je m'occupe, et j'en ai profité pour le lire. J'avais vu quelques critiques positives. J'ai été d'abord attirée par la couverture de ce roman, Harold (Edition Le serpent à plumes), qui représente Tippi Heddren et un corbeau dans ses bras. Tippi Hedren, pour ceux qui ne le savent pas, fut l'inoubliable actrice des Oiseaux(1963) et de Marnie (1964) d'Alfred Hitchcock. Quant à Harold, c'est le prénom d'un corbeau venu aux Etats-Unis avec son maître, Lazlo, en provenance de Hongrie en 1957. Sur place, et après quelques péripéties dont je ne dirai rien, Harold se retrouve chez un éleveur d'oiseaux, Chase, et c'est comme cela qu'il se retrouve sur le tournage des Oiseaux. Harold permet à Louis-Stéphane Ulysse, que je ne connaissais pas (c'est pourtant son 8ème roman), d'évoquer le Hollywood du début des années 60, et en particulier le tournage du film Les oiseaux, pendant lequel "Hitch" éprouve des sentiments ambigus pour Tippi peu enthousiaste. Il veut en faire sa muse, mais on sent qu'elle le craint. Tippi (objet de désir) fascine tout le monde sur le plateau, en particulier Harold et Chase. D'autres personnages apparaissent, tels Lew Wasserman (patron des studios Universal à l'époque), Peter Lorre, Sean Connery, les redoutables frères Gianelli, Mickey Cohen, et bien d'autres. Car en arrière-plan, Louis-Stéphane Ulysse décrit les liens qui unissaient Hollywood et le monde de la pègre. Il fait aussi un aparté sur Abraham Zapruder, celui qui a filmé l'assassinat de Kennedy en 1963, et la fameuse image 313 manquante. Il est même fait mention d'un "snuff-movie" dont la doublure lumière de Tippi Hedren dans les Oiseaux, Eva Beaumont, fut la tragique héroïne. Et Harold, me direz-vous? Que devient-il après le tournage? Il reste dans l'ombre de Tippi. Il devient son ange-gardien, mais attention, Harold est jaloux et il peut être dangereux. Harold, roman foisonnant, se lit d'une traite grâce à ses chapitres courts. Il m'a donné envie de revoir le filmLes oiseaux. Il est à noter qu'après Marnie, Tippi Hedren n'a plus jamais tourné de films marquants, et qu'Alfred Hitchcock (mort en 1980) ne tourna plus que 4 films, et il ne fut plus tout à fait le même.
PS: Pour celles et ceux qui passent par Paris, dans les prochains jours, je viens d'apprendre que Louis-Stéphane Ulysse dédicacera son roman à laLibrairie Ciné reflet, le mardi 9 novembre 2010 à partir de 18h30.
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Tags : Littérature francophone,

NAOLOU / SITE "LES CHRONIQUES DE L'IMAGINAIRE"
Harold
Ulysse, Louis-Stéphane
Edition : Le Serpent à Plumes 2010, 341 pages ISBN : 978-2-268-06978-4 19€
Californie, 1961. Chase, dresseur d'oiseaux, recueille un corbeau blessé portant le nom d'Harold. L'animal est intelligent, comme tous ses congénères - presque trop dans son cas. Son comportement possessif, calculateur et agressif inquiète le dresseur, qui ne peut pourtant s'empêcher de s'y attacher. Un an plus tard, Chase et Harold travaillent de concert pour Alfred Hitchcock sur le tournage du film Les oiseaux. Le dresseur et l'oiseau développent une passion malsaine pour Tippi Hedren, le rôle principal féminin du film...
C'est un livre bien étrange que celui-là : roman noir, mais pas seulement, il fait se dérouler sous les yeux du lecteur la chronique de toute une époque, celle des années soixante à Holywood. Si le travail de documentation de l'auteur est remarquable, un lecteur novice sur ce sujet pourra être dérouté par les nombreuses digressions qui viennent interrompre la trame principale, d'autant qu'elles ne semblent pas avoir toujours grand rapport avec elle. Quelle drôle de trame principale, d'ailleurs ! Les chapitres défilent sans que l'on comprenne où Louis-Stéphane Ulysse désire nous mener... Harold apparaît et disparaît au grè des pages, comme une ombre tantôt protectrice, tantôt menaçante, tandis qu'au sol, les personnages évoluent inexorablement vers leur tragique destin. L'auteur mêle fiction et réalité, personnages et personnes réelles, ce qui accentuent encore le trouble que l'on ressent à la lecture.
J'avoue volontiers avoir été déroutée, voire complètement perdue, pendant une partie de cette lecture. Néanmoins l'auteur est parvenu à se réapproprier mon attention chaque fois que je me perdais, même si je suis bien incapable d'expliquer comment, et pourquoi. Peut-être est-ce dû à l'ambiance sombre, à la menace permanente qu'Harold fait planer sur nos têtes ? Ou bien est-ce parce que j'apprécie beaucoup le film dérangeant d'Hitchock dont il est constamment question entre ces pages ?
Toujours est-il que je garderai une bonne impression de ce surprenant et inclassable livre, de la plume efficace et envoûtante de son auteur, et de l'ambiance trouble qu'il parvient à rendre avec talent. A vous de vous faire votre propre opinion.

MARC LUCAS / SITE "PARUTIONS.COM"
Un oiseau rare
Louis-Stéphane Ulysse   Harold
Serpent à plumes 2010 /  19 € - 124.45 ffr. / 342 pages
Harold aura connu une trajectoire exemplaire : il fait ses débuts dans le music-hall en Europe, d’où il est invité aux Etats-Unis pour jouer son numéro à Las Vegas. Après quelques cahots dans son parcours, qui laisseront un mystère dans sa biographie, il est repéré par l’industrie du cinéma, d’abord pour y être figurant. Mais il crèvera l’écran et se révélera une vedette dirigée par rien moins qu’Hitchcock, et vivra une relation avec la star émergente du moment. Harold connaîtra ainsi Hollywood, ses paillettes mais aussi ses zones d’ombre.
Mais, et c’est là son moindre défaut, Harold est un corbeau. Et c’est en suivant ce corbeau qui vole très au-dessus du commun des mortels, qu’ils soient ses congénères ou des humains, que Louis-Stéphane Ulysse nous fait vivre cette saga, suivie pour bonne part dans les pas de Chase, le dresseur qui recueille Harold et plonge avec lui dans l’industrie du cinéma, ses spots étincelants, ses rouages broyeurs et ses méandres glauques.
Comme il aime à le faire, Ulysse brode son récit autour de personnages réels, en glissant de nombreuses anecdotes croustillantes, vraies ou fantasmées, et quelques citations pour donner le ton : «Un soir, passablement ivre, Chilton se leva droit comme un «I» rubicond, en l’occurrence le «I» de ivrogne, pour s’exclamer : «Cherchez pas, si les serveurs sont plus là, c’est qu’on nous les a servi à bouffer !» Il fut aussitôt éjecté par le fond de son pantalon par les serveurs qui n’avaient pas encore été mangés» (p.171). Mais le nœud de l’histoire est bien le tournage des Oiseaux, par un Hitchcock alors omnipotent à Hollywood, avec dans le premier rôle une jeune mannequin inconnue, Tippi Hedren.
L’auteur s’est soigneusement documenté sur ce tournage, délectable matériau pour un romancier avec son ambiance virant au cauchemar, et les nombreux thèmes artistiques qu’offre cet univers où tout est plus compliqué que l’image projetée le laisse croire, en premier lieu la relation que noue «Hitch» avec «Tippi». Il est aussi beaucoup question de doublure, de faux-semblant, de clinquant et d’artifice, tant l’ambition du film nécessite de moyens parfois détournés, y compris pour les dresseurs à la fois aux prises avec les nuées d’oiseaux et avec des automates qui les remplacent. Chase lui-même s’y perd, se trouve à son corps défendant pris dans les sales histoires des seconds couteaux sans scrupules d’Hollywood, cette mafia des studios dont les idoles sont Sinatra et Bugsy Siegel, où fraie également la doublure lumière de Tippi Hedren, par ailleurs actrice de films plus osés.
Harold survole tout ce monde, disparait et réapparait à sa guise, surtout auprès de Tippi qu’il privilégie, au grand dam de tous les personnages qui gravitent autour d’elle. En revanche personne d’autre n’est épargné, pas même Chase qui lui a sauvé la vie, et son bec dur et froid peut faire des dégâts. Cet oiseau est un véritable protagoniste, doté d’une volonté propre, d’une adresse certaine et d’un type d’intelligence que lui envie même Hitchcock. Il donne le ton au récit qui, au-delà de la chronique, rend hommage au film qui l’a inspiré, avec une ambiance noire (aile-de-corbeau, bien sûr) et des échappées fantastiques rendues glaçantes par le fait que comme dans Les Oiseaux, les attaques ne sont pas explicitées, et qu’en particulier Harold ne donne pas sa version des faits, ni son témoignage de présence ou d’absence dans des situations que le lecteur impressionnable pourrait lui attribuer.
Néanmoins, l’intensité décroît après le climax que constitue la fin du tournage, et un bon tiers final du livre est plus laborieusement consacré à tirer les fils entrecroisés par les épisodes précédents. L’auteur y manifeste davantage d’ambition, en faisant rebondir par exemple l’assassinat de John Kennedy dans son histoire, mais moins de maîtrise. Malgré cela, Harold est une réussite, ne serait-ce que pour ce personnage de corbeau, qui mérite bien le rôle-titre.

Marc Lucas


Nous avions classé Le Chat Murr d'E.T.A. Hoffmann parmi les livres les plus drôles. En cette rentrée, deux romans qui mettent en scène des protagonistes animaux nous ont également séduit.Et pas n'importe quels animaux. L'un, Maf le Chien, fut le plus fidèle compagnon de Marilyn Monroe. Offert à l'actrice en 1960 par Frank Sinatra, Maf est un bichon maltais fan de Trotsky, qui aime à disserter philosophie avec ses confrères canins : "La vérité, c'est que les hommes savent que nous les observons, et les plus intelligents savent que nous parlons d'eux. Ils ne sont pas stupides. Ils se comportent seulement comme si." Les hommes vulgaires, les animaux subtils, un chien narrateur : une formule qui permet àAndrew O'Hagan de moquer en bon satiriste les comportements humains, mais aussi de dresser le portrait intime de l'astre Marilyn dans l'Amérique du début des années 60.
L'autre héros animal de la rentrée n'a pas un parcours moins prestigieux que Maf. Corbeau européen amené aux Etats-Unis par un magicien hongrois, Harold se retrouve sur le tournage des Oiseaux d'Hitchcock. C'est là qu'il tombe amoureux de Tippi Hedren, l'actrice principale du film, avec laquelle il noue d'étranges rapports. A la fois inquiétant et protecteur, Harold le corbeau amoureux permet lui aussi d'interroger la part animale de l'humain. Louis-Stéphane Ulysse parle ainsi de son roman : "l'histoire d'un oiseau qui finit par se comporter comme un homme par amour ; là où les hommes qui l'entourent finissent pas se comporter comme des oiseaux, donc comme des animaux, parce qu'ils ne savent pas quoi faire de leur amour."
Inspirés de faits réels (Marilyn était vraiment inséparable de Maf, un oiseau s'enticha vraiment de Tippi pendant le tournage), les romans d'Andrew O'Hagan et de Louis-Stéphane Ulysse s'avère tous deux très convaincants, bien au-delà de la curiosité que suscite leur dispositif original - animal.

La chronique de Vie et opinions de Maf le chien et de son amie Marilyn Monroe

INFOS JEUNES
L'auteur utilise le tournage des Oiseaux d'Alfred Hitchcok pour immerger le lecteur dans le Hollywood des années 60
Nous sommes aux États-Unis en septembre 1961. Chase Lindsey, un éleveur d'oiseaux, recueille un corbeau blessé qui porte une bague argentée à la patte. L'oiseau s'appelle Harold.
Ray Berwick, le dresseur de Hollywood, cherche des oiseaux pour un film en préparation, Les Oiseaux d'Hitchcock. Chase s'y rend avec ses volatiles. Lui et Harold sont fascinés par Tippi Hedren. Mais Harold est dangereux... et Tippi, en déroute...
Voici le point de départ d'une histoire hors du commun : l'histoire d'amour de Harold le corbeau et de Tippi Hedren. Le fil rouge qui permet à Louis-Stéphane Ulysse de dérouler, avec des personnages ayant existé pour la plupart, une histoire à suspens admirablement construite. Autour de l'étrange relation du corbeau avec l'actrice, se trame un écheveau d'enlèvements, chantages, manipulation, poursuites et trafics en tous genres.
Le lecteur immergé à Hollywood, suit avec plaisir Hitchcock, bien sûr, et ses rapports ambigus avec son actrice ; Gianelli, un preneur son ; Lew Wasserman agent influent à Universal ; Eva, la doublure de Tippi, égérie et starlette à la petite semaine ; Sydney Korshack, avocat mafieux ; Richard "Iceman" Kulkinsky, tueur qui gravite autour de l'affaire de l'assassinat de Kennedy..
Louis-Stéphane Ulysse connaît le cinéma comme sa poche puisque ses deux parents sont comédiens. À neuf ans, il a déjà vu tout Chaplin et Keaton.
Ses débuts dans l'édition, il les doit à Andreas Voutsinas, répétiteur de Marilyn Monroe, marié (quelques semaines) à Jane Fonda, protégé par les Strasberg, Elia Kazan... Il mènera et publiera leurs entretiens sur Hollywood (Archimbaud). Révélé par Florent Massot avec Soleil sale (1996), il a fait partie des premiers auteurs de la « nouvelle génération » de Marion Mazauric, aux éditions J’ai lu, avec Toutes les nouvelles de mon quartier intéressent le monde entier et La Mission des flammes. Harold est son huitième roman.


PARIS NORMANDIE
« Harold », Louis-Stéphane Ulysse  nous invite à pénétrer le monde intime d’Hitchcock et au-delà dans cette Amérique des années soixante. Explication de texte en compagnie de Louis-Stéphane.
- « Harold » c’est un formidable mélange d’histoires vraies et d’histoires imaginées, comment dose-t-on ce cocktail ?
"Le plus important est d'aimer ses personnages, quels qu'ils soient, quoi qu'ils fassent... À partir de là, ils vous le rendent à leur façon... Si le personnage est intéressant, il suffit de le suivre. Pour que le personnage soit crédible, il lui faut une personnalité, des vêtements, mais aussi un environnement. Dans "Harold", je crois que les personnages sont portés par leur époque, par l'histoire collective qui les entoure. Dans un autre temps, la nature des personnages serait probablement la même, mais elle ne s'exprimerait pas de la même façon. Pour ce roman, si j'avais conservé toutes les archives consultées, les témoignages des uns et des autres, le livre aurait fait trois cent pages de plus... Mais les relations entre les personnages, les enjeux sur le pouvoir et le désir, la violence que cela induit, auraient été moins forts."
- « Les Oiseaux » d’Hitchcock tiennent une place particulière dans votre cinémathèque ?
"C'est un cinéaste important, et que j'aime énormément. Comme on pourrait le dire d'Hergé ou d'Andy Warhol (tous les trois se connaissaient et s'estimaient), il y a une charte très rigoureuse dans ses images, une sorte de "ligne claire". Les films d'Hitchcock peuvent rester compréhensibles même sans le son. Sans doute parce que le réalisateur venait du muet mais, également, parce qu'il fut l'un des rares à chercher à élaborer un langage dans l'image. On peut voir ses films à plusieurs niveaux : pour l'histoire, mais aussi pour la forme, comme on pourrait voir une toile de peinture, chacun de ses plans recèle un nombre de détails incroyable... Hitchcock s'adresse plus à nos émotions qu'à notre intelligence. Ses héroïnes ne montrent pas grand chose, pourtant elles nous touchent de façon plus durable. C'est le grand maître de la suggestion."
- « Harold », c’est un remake de la Belle et la bête ?
"C'est la réflexion que je me suis fait en commençant à écrire... Mais après, les personnages et leur époque m'ont happé, et il n'en a plus été question... Mais bien sûr qu'il y a un lien... Comme il y en a un sans doute avec le film "Baxter" de Jérôme Boivin, avec qui je venais de travailler. Mais là, par contre, il y avait une volonté de s'éloigner du film de Jérôme. Dans un premier temps, "Harold" racontait son histoire, c'est à dire celle d'un oiseau qui est mêlé sans bien comprendre au tournage du film "Les Oiseaux". Mais en restant sur ce point de vue, on perdait le rapport entre Tippi et Hitch, on perdait la vision de l'époque... Encore une fois, on ne traitait pas du désir, enfin du rapport entre "l'objet du désir" et le "désirant"... Et c'était surtout ce thème que je cherchais à aborder. Autrement dit : comment un oiseau finit par se comporter comme un homme par amour ; là, où les hommes finissent par se comporter comme des oiseaux, des animaux, parce qu'ils ne savent plus où est leur désir."
- C’est aussi une formidable évocation de l’Amérique des années soixante ?
"Je crois qu'il était important de bien poser l'époque, pour expliquer la démesure des personnages. C'est à la fois l'Amérique, mais aussi des personnages, pour la plupart, qui viennent d'une Europe en ruines, et c'est ce contraste qui doit donner la mesure. La plupart arrivent sur ce continent sans rien. Et tout d'un coup, il y a ces grands espaces où tout semble possible... Pour le meilleur et pour le pire."
- C’est une période qui semble vous inspirer tout particulièrement ?
"L'histoire commence à Vienne, en Autriche en 1957... Disons que ce qui est inspirant c'est la vision qu'avaient les gens à cette époque... La Seconde guerre mondiale était derrière eux, il y avait la volonté de bâtir, de construire, de voir grand. Il y avait un optimisme, une volonté, parfois naïve, de se projeter dans l'avenir, avec l'espoir que les générations suivantes iraient encore plus loin... Jusqu'à Kennedy et les premiers soldats au Vietnam, il y avait un rêve... Aujourd'hui, la tendance serait plutôt à être inquiet pour les générations à venir, le processus s'est inversé... On cherche surtout à limiter la casse, il n'y a plus cette notion de "vision", de "bâtisseur"."
-  Votre roman s’attache à distiller de l’angoisse au fil des pages. A la manière d’Hitchcock ?
"Je pensais qu'on verrait mieux le talent d'Hitchcock, qu'on sentirait mieux l'humain, ses contradictions, ses zones d'ombres, en le traitant comme si nous étions de l'autre côté du décors et de l'écran. Quant on voit un film d'Hitchcock, il y a une notion d' "image cachée" très forte, il y a un non-dit, on ne voit jamais ses personnages dans la quotidienneté de leur vie. C'est ce qui fait qu'il n'est pas un réalisateur du réel mais du fantasme... Je pense qu'il était plus intéressant de montrer comment se "fabriquait" le rêve. En travaillant j'ai plus pensé à des auteurs comme James Hadley Chase (Le JHC de la dédicace qui a, entre autres, écrit "Éva")  à Hubert Selby, à Dos Passos, à des réalisateurs comme Sam Peckinpah, à "La nuit nous appartient" de James Gray, pour obtenir une notion d'âpreté, de rapidité, que j'aime bien... Après, encore une fois, ce sont des mots, des idées qu'on se donne pour avoir le courage de se lancer... Une fois dans mon histoire, ce qui comptait c'étaient les personnages et la façon dont ils allaient agir."

« Harold » de Louis-Stéphane Ulysse (Le Serpent à plumes) 19 €
Propos recueillis par B.V.



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Sortie Ebook sur le nouveau site Les Libraires soutenu par le CNL et qui regroupe des libraires indépendants.



MEDIUM LES JOURS DE PLUIE / VISUELS









MEDIUM LES JOURS DE PLUIE / PREMIERES PAGES

Le roman sortira fin juin au Canada. Dimédia, son diffuseur, présente les 20 premières pages du livre sur son site.


MEDIUM LES JOURS DE PLUIE / VIDÉO DE PRESENTATION REPRÉSENTANTS ET LIBRAIRES


HAROLD / GENERATIONNELLES.COM

Tiré de l’étagère | Harold Rédigé par Solène L

Comment  ranger le dernier best-seller à la mode amène souvent à redécouvrir des chefs d’oeuvre cachés bien au chaud dans sa bibliothèque. Mystérieux, frissonnant et fascinant, le livre de Louis-Stéphane Ulysse surfe entre réalité et mythe quitte à y laisser quelques plumes…

 De quoi ça parle? Il y a en du bruit dans les coulisses des oiseaux. Hitch pleure la perte de sa Grace chérie pour le rocher de Monaco et Tippi Hedren fait ses premiers pas dans le monde délirant du roi du thriller. Tout ça sous l’oeil d’Harold, corbeau inquiétant, Chase Lindsey, éleveur d’oiseaux à 1000 lieux de cet univers glam’ où il va pourtant croiser la route de Mickey Cohen ou des gangsters de Los Angeles.

Qu’est- ce qu’on en pense? Une plongée dans l’univers d’Hitchcock, voilà qui inquiète déjà ! Louis-Stéphane Ulysse ne fait pas les choses à moitié. Liberace, Hitch, Tippi,…voilà un casting 4 étoiles pour un grand livre. Mais comment peut- il en être autrement avec le chef d’oeuvre des Oiseaux. Le film mythique a multiplié les couacs, les heurts et les piqûres de becs à l’écran, en plateau comme en coulisses. Les corbeaux excités ne faisaient pas que piailler! Symbole de cette rébellion croassante, Harold campe le premier rôle de ce polar animalier dans le monde du cinéma.

Un univers hollywoodien alors rutilant qui se joue tant devant les financiers d’Universal que devant les maîtres chanteurs proches des taulards super- stars et les journalistes adeptes du scoop à tous les coups. On tue l’ennui pour frissonner, fantasmer et découvrir l’humain derrière la pellicule.

Lien : Tiré de l’étagère | Harold