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Affichage des articles du mai, 2013

NOTES / CORPORATE BROTHER : THIERRY THEOLIER


"Corporate prayer... Première... Dieu, faites que je ne réussisse pas et que je ne finisse pas dans GQ... Allah, fais que je ne réussisse pas et que je ne chie pas du Philippe Katerine... Hé, Bouddha, fais que je ne réussisse pas et que je ne trime pas à Canal plus... Raël, connard, fais que je ne réussisse pas et que je ne cachetonne pas dans Asterix... Hé, Krishna faites que je ne réussisse pas et que je n’écrive pas dans Libérafion... Oh Dieu, faites que je ne réussisse pas, Oh Krishna, Oh Bouddha, faites que je ne réussisse pas... Et que je reste fidèle a moi-même..."

Corporate Prayer
Thierry Théolier



" THTH  est ce genre de luciole atomique et velue qui irradie en survivant aux vibrations de son tunnel de métro, à digérer tout ce que les autres bouffent : Câbles, satellites et TNT... THTH est dans son noir, brillance créole lucide au milieu de la démoralizafion ambiante... Son "Corporate prayer" pourrait bien devenir la première marche, l’étincelle du refus de toute cette merde ; c’est un accord interne, quand on voit ce qu’on veut et qu’on ne veut plus de ce qu’on voit. C’est la mélodie organique qui donne de l’estomac au gamin maigrichon, quand il saute dans l’arène pour affronter les cornes de la désillusion... C’est une question de bravoure quand on est tout seul au milieu de la décharge et qu’on sait qu’il faudra tout reconstruire avec ce qu'on a, et rien d'autre ; le genre d'hymne qu’on aimerait bien avoir avec soi, en soi, quand on saute dans le car qui va vers les montagnes et qu’on sait qu’on reviendra pas. C’est pas du protest, on en est plus là, c’est le constat de tout ce qu’il faut laisser derrière soi pour aller ailleurs. Il y a une note invisible qui traverse et tisse les morceaux, les reliant les uns aux autres, une histoire d’amour à laquelle il ne croyait pas ou qu’il n’attendait pas ; trop sacrée pour être nommée. Corporate c’est l’histoire du désir de s’en sortir par l’intégrité, pas par l'intégrisme. On attend forcément la suite et les signes qui vont suivre, parce que c’est l’espoir que celui qui les envoie n’est pas une machine, une conjoncture ou un calcul merdique de plus, prise de pouvoir d’électro-sucker foireux, cynique, en posture/pseudo sur FB, mais bien un  humain qui envoie son code morse - trait-point-trait -, à balles traçantes pour éclairer nos faces irréelles dans la nuit."

Lien site label THTH et podcast : http://nukod.bandcamp.com/

HAROLD / CLAUDE SERILLON / VIVEMENT DIMANCHE

TOUTES LES NOUVELLES / PHONEBOOK





“Phonebook est un système participatif de ‘livre-échange’ implanté dans les cabines téléphoniques parisiennes !”… leur site : http://easyreader.over-blog.fr/

POUR L'AMOUR D'IVY / ALAIN FEYDRI



Se réveiller le matin avec le You've got good taste des Cramps, c'est s'assurer que rien dans la journée ne résistera à votre énergie... Riffs bulldozer de Domina vénéneuse dans la cuisine, tandis que son Frankenstein hystérique de mari explique du fond du garage, à quel point c’est bon pour sa santé de manger de la bimbo à chair tendre... 


Il y a des groupes plus connus, plus prestigieux, plus importants, mais bien peu capables d'embarquer à ce point dans un univers «autre», en y connectant toutes sortes de références improbables - en gros: de l'excentrique édenté au taré irrécupérable - mais ayant toutes en partage ce désir, cet appétit de vie, sans équivalent... Et c’est de ça que parle le très bon The Cramps, pour l'amour d'Ivy d'Alain Feydri... Wah... Achetez-le, volez-le, mangez-le, mais lisez-le ! Les éditions Camion blanc le ressortent mieux que neuf, gonflé, customizé, avec en prime les illustrations de Gil Deluxe, artiste-peintre inspiré/passionné par la foudre mojo du couple infernal... Et ça le fait.

La grande force du travail de Feydri, c’est que, bien que complet, pointu, précis, il n’est pas excluant pour un rond. Pas besoin de capter grand chose à tout ça, le livre fait le job pour vous. En le refermant, difficile de ne pas être touché par l'une des plus belles histoires d'amour du rock n'roll, comme difficile de ne pas comprendre que les Cramps synthétisent toute l’histoire de la musique populaire nord-américaine - de préférence la plus sous-estimée, à la fois la plus naze et la plus pure -, sans passer par la case théorie/critique, juste en restant sur le désir, l’énergie, et l’envie plus forte que tout de « faire », de s'y coller, sans se prendre le chou. 

On retrouve au fil des pages ce truc intemporel, genre « à relire tous les cinq ans avec le même plaisir », comme pour un bouquin de Philippe Garnier. The Cramps, pour l'amour d'Ivy, c'est avant tout le partage d'une passion à la bonne distance, sans être dupe. Pas de volonté à faire le malin sur un sujet pourtant maîtrisé sur le bout des doigts, mais pas l’envie non plus de faire passer des vessies pour des lanternes ; Alain Feydri dit ce qui est, en donnant les outils de décodage, les sources, la possibilité de se faire son opinion, et d'entrer dans l'univers du groupe par la porte de son choix.

Avec le web, on sait que les lecteurs du genre se font plus rares, dans la mesure où ils ont l’impression qu’ils auront tout, et mieux, sur leur écran - à l’oeil, à leur main -, en gardant le final-cut de ce qu’ils veulent en retenir... Sauf que le livre de Feydri donne encore plus, en apportant du sens et de la profondeur. Il trouve le fil rouge qui donne le sel du groupe, son intégrité, ses zones d'ombre, ses contradictions, son humour ainsi que sa poésie... Tout ce qui fait que les Cramps étaient, et resteront, probablement inégalés.


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Le site des éditions Camion blanc


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HAROLD / TRAILER 2