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Affichage des articles du décembre, 2012

BANDE SON "DE L'AUTRE COTE DE LA BAIE"



BANDE SON "HAROLD"



BANDE SON "LA FONDATION POPA"



LA FONDATION POPA / CULTURE CAFE


Interview Louis-Stéphane Ulysse
"J’écris en suivant mes émotions, et les autres peuvent bien faire ce qu’ils veulent !"


Dans une rentrée littéraire bien morose, La fondation Popa a créé une véritable lueur de gaieté. Septième roman de Louis-Stéphane Ulysse, le livre nous plonge dans le milieu parisien de l’art contemporain, au centre duquel évolue Meltzer Popa, double fantasmé du mythique Andy Warhol. Après une terrible amnésie, Popa retourne dans sa fondation, sanctuaire artistique dans lequel évoluent ses domestique, galeriste, résidents et une certaine Madame Pompidou, qui guidera Popa sur les traces de son passé.
Mêlant réalité et onirisme, La fondation Popa est un ouvrage à découvrir absolument, tant il dénote avec le paysage littéraire francophone d’aujourd’hui. Nous avons demandé à son auteur de nous en dire plus sur son travail.




La fondation Popa est un livre extrêmement riche et singulier. Pourriez-vous nous le résumer ?

C’est pas facile… En le pitchant, on peut dire que c’est l’histoire d’un peintre qui perd la mémoire, et qui va courir après son passé. Il va en découvrir des bribes, mais qui ne lui ramènent pas exactement ce qu’il attendait, jusqu’au moment final. Il va y découvrir qui il était vraiment… et qui ne correspond pas exactement à l’image qu’il avait de lui.


L’histoire est située dans le monde de l’art contemporain. En quoi ce milieu se caractérise-t-il des autres univers artistiques ?

Ce que je voulais surtout, c’était trouver une sorte de vase clos, de bocal à coté du monde. Et j’ai pensé que le milieu de l’art contemporain, par son coté un peu désuet, à part, collait bien à cela. Dans un tout autre domaine, j’aimais bien cette ambiance, dans Tintin, lorsque Hergé emmenait ses personnages au château de Moulinsart. Ca crée une sorte de huis-clos, cela reconstitue une sorte de famille, avec des personnages récurrents. Et je souhaitais fonctionner un peu sur ce mode pour ce roman.

Avez-vous fréquenté ce milieu ? Comment l’avez-vous perçu ?

Je le connais un peu, j’avais quelques amis qui y travaillaient. Mais ce n’est pas un monde avec lequel j’ai une réelle proximité, comme la littérature ou le cinéma (pour lequel je travaille en ce moment).

Votre personnage principal, Meltzer Popa, rappelle fortement Andy Warhol. Que représente pour vous le fondateur du Pop Art ?

Pour moi, Warhol est quelqu’un qui est allé au bout d’un système. Vingt ans après sa mort, on est toujours coincés dans les bases qu’il a posées, tant au niveau de l’image que du son, grâce à l’aide qu’il a donné au Velvet Underground. Encore aujourd’hui, lorsque l’on feuillette des magazines people ou de mode, on se rend compte que l’empreinte de Warhol est toujours très présente. C’est un artiste qui avait plus qu’un coup d’avance sur la société.
De plus, c’est un personnage qui me touche. Au delà de ses extravagances, de son coté très mondain, j’aime énormément sa relation avec le travail. Au quotidien, il est focalisé sur son boulot. Cet homme est finalement un bon modèle.

Paradoxalement, vous êtes assez dur avec votre héros Meltzer Popa. Est-ce que c’est dans le but de contrebalancer cette admiration qu’on peut avoir pour Warhol ?

Oui, tout à fait. Il s’agissait de montrer que l’on peut être admiratif sans être dupe, Il s’agissait de montrer tout de ce qu’il peut y avoir de positif et génial dans le personnage, sans pour autant être aveuglé par lui. On connaît tous le contraste qu’il peut y avoir entre le talent artistique que peut avoir, par exemple, Mozart, et les problèmes qu’il rencontre au quotidien. Meltzer Popa a en lui la même dualité, du moins j’espère qu’on la ressentira. C’est à la fois un mec pas très sympathique, mais l’on est quand même un peu accrochés à son univers, à ce qu’il renvoie.


Voyez-vous, en tant qu’écrivain, un avantage à vous inspirer de personnalités connues plutôt qu’à créer des personnages de toutes pièces ?

Les personnalités interviennent dans le roman en tant qu’icônes. Par exemple, le personnage de Madame Pompidou est là pour prendre le contre-pied de l’image que les gens de ma génération peuvent avoir d’elle, un peu désuète ou “vieille France”. Le but était de montrer cette façade et creuser, creuser, jusqu’à pouvoir montrer quelque chose d’un peu plus humain. En même temps, cette démarche est un écho au travail de Warhol, qui était très branché people ou night-clubber, puis aller chercher derrière et montrer la quotidienneté des personnages, leur soucis, leurs petits chagrins.
Mais lors de l’écriture, je n’ai jamais chercher à théoriser le livre : je me suis laisser guider par les personnages, avec ma sensibilité du moment.

Le livre fait se télescoper personnages de fiction et connus, mais aussi divers styles d’écriture et de narration (récit, poésie, fantastique…). Que souhaitiez-vous exprimer avec cette diversité ?

Le but était de se rapprocher du “réalisme merveilleux”, que l’on trouve chez des auteurs sud-américains tels que Roberto Bolano, ou dans la période française de Luis Buñuel. On vous y raconte une histoire qui au premier abord est abracadabrante, à coté du réel. Lorsqu’on la termine, on a fait un beau voyage, mais l’on se rend vite compte que l’histoire nous renvoie à des choses du quotidien. Tout cela sur le plan émotionnel, bien sûr, sans jamais rentrer tenter d’intellectualiser la démarche.

Le récit débute au moment où son personnage principal perd la mémoire. Cette amnésie a-t-elle été un tremplin pour créer les situations rocambolesques ou irréelles qui jalonnent le récit ?

Complètement. Pour valider la démarche, que ce récit fonctionne un peu, il fallait faire table rase du quotidien. Et cette amnésie était le symbole de cette démarche. Mais avec le recul, je me rends compte que c’était aussi un moyen d’enterrer ce que j’avais fait avant, comme auteur, de me sortir de mes boulots pour la télé ou le cinéma. Et me dire je me dégage de tous les acquis que j’ai pu ramasser, je pars sur tout à fait autre chose, et je fais confiance à mon instinct.
Le but était donc de se dégager de toutes les logiques de carrière, d’éditeur, pour faire le bouquin que j’avais envie d’écrire, sans même savoir si j’aurais l’envie de le lire ! J’ai cependant connu de nombreuses interrogations pendant l’écriture, notamment la peur d’être largué, pas assez moderne.

Ce sentiment était-il lié au courant créé par les diverses auto-fictions et autres biographies romancées, dont votre ouvrage est le parfait contre-pied ?

En partie, mais en fait il n’y a pas de crainte. Je viens de la génération des premiers écrivains Florent Massot, en 1989, avec Viriginie Despentes, Ann Scott ou Patrick Eudeline. On s’est ensuite retrouvés chez J’ai Lu, avec Marion Mazauric. J’y ai publié mon premier roman, Soleil sale. Il y a trois ans, mon sixième roman, De l’autre côté de la baie, est paru. J’ai alors senti que j’étais arrivé au bout de quelque chose dans ma carrière d’écrivain, et j’ai choisi de ne plus faire la publicité d’une émotion qui n’existait plus. J’ai alors choisi de suivre mon instinct, et de faire comme si La fondation Popa était mon dernier livre…

A la parution du livre, vous avez créé un blog prolongeant l’univers de ce dernier a été créé. Pourquoi cette initiative ?

Là aussi, c’est une démarche très complexe. Ce n’est pas un blog d’auteur à proprement parler, car on peut très rapidement tomber dans la compulsion, le « je vous aime mais si vous ne m’aimez pas, je vous emmerde, et vous avez rien compris » (rires). L’objectif de ce blog est vraiment de prolonger l’univers du livre. C’est un ouvrage très important pour moi, à cause duquel j’ai quitté Flammarion, je l’ai réécrit plusieurs fois… Mais en arrivant aux Editions du Panama, il y avait des choses que je n’arrivais pas à lâcher. Le but du blog était donc de compléter le livre sur le blog, avec des articles sur des personnalités ayant nourri le livre, sans pour autant y apparaître.

La fondation Popa de Louis-Stéphane Ulysse, Editions du Panama, 320 pages, 17 €


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HAROLD / E-LITTERATURE.NET / JF PONGE


Harold - Louis-Stéphane Ulysse mardi 18 septembre 2012, par Jean-François Ponge ©e-litterature.net Le Serpent à Plumes, 2010, 341 pp. Il est de notoriété publique que le tournage du film « Les oiseaux », d’Alfred Hitchcock, fut un véritable calvaire, tant pour les acteurs que pour... les animaux ! Louis-Stéphane Ulysse en a fait le thème de son roman, sous la forme d’un corbeau particulièrement intelligent, mais aussi extrêmement vindicatif, qui s’est pris d’affection pour l’actrice principale, la très hitchockienne Tippi Hedren. Surfant sur la vague des romans mettant en scène des personnages connus du monde des arts et des lettres, l’auteur nous entraîne dans un polar complexe, où un dresseur d’oiseaux, Chase Lindsey, se trouve embarqué dans une sombre histoire de guerre des gangs au sein même de la Mecque du cinéma, Hollywood. Selon un montage quasi cinématographique, la trame narrative est découpée en courts chapitres mettant en scène des personnages tant imaginaires (Chase, Harold le corbeau, et bien d’autres) que réels (Hitchock, Tippi, et quelques belles trognes de la mafia des années 60). Le lecteur est tenu en haleine, malgré le caractère un peu trop « haché » du récit et, il faut le dire, pas mal d’invraisemblances... Répondre à cet article Copyright e-litterature.net toute reproduction ne peut se faire sans l'autorisation de l'auteur de la Note ET lien avec Exigence: Littérature



(projet de couverture proposé par l'auteur et refusé par l'éditeur)

HAROLD / CLIMAGINAIRE.COM


Harold Ulysse, Louis-Stéphane Edition : Le Serpent à Plumes Publication : 2010 Nombre de pages : 341 ISBN : 978-2-268-06978-4 19 € Californie, 1961. Chase, dresseur d'oiseaux, recueille un corbeau blessé portant le nom d'Harold. L'animal est intelligent, comme tous ses congénères - presque trop dans son cas. Son comportement possessif, calculateur et agressif inquiète le dresseur, qui ne peut pourtant s'empêcher de s'y attacher. Un an plus tard, Chase et Harold travaillent de concert pour Alfred Hitchcock sur le tournage du film Les oiseaux. Le dresseur et l'oiseau développent une passion malsaine pour Tippi Hedren, le rôle principal féminin du film... C'est un livre bien étrange que celui-là : roman noir, mais pas seulement, il fait se dérouler sous les yeux du lecteur la chronique de toute une époque, celle des années soixante à Holywood. Si le travail de documentation de l'auteur est remarquable, un lecteur novice sur ce sujet pourra être dérouté par les nombreuses digressions qui viennent interrompre la trame principale, d'autant qu'elles ne semblent pas avoir toujours grand rapport avec elle. Quelle drôle de trame principale, d'ailleurs ! Les chapitres défilent sans que l'on comprenne où Louis-Stéphane Ulysse désire nous mener... Harold apparaît et disparaît au grè des pages, comme une ombre tantôt protectrice, tantôt menaçante, tandis qu'au sol, les personnages évoluent inexorablement vers leur tragique destin. L'auteur mêle fiction et réalité, personnages et personnes réelles, ce qui accentuent encore le trouble que l'on ressent à la lecture. J'avoue volontiers avoir été déroutée, voire complètement perdue, pendant une partie de cette lecture. Néanmoins l'auteur est parvenu à se réapproprier mon attention chaque fois que je me perdais, même si je suis bien incapable d'expliquer comment, et pourquoi. Peut-être est-ce dû à l'ambiance sombre, à la menace permanente qu'Harold fait planer sur nos têtes ? Ou bien est-ce parce que j'apprécie beaucoup le film dérangeant d'Hitchock dont il est constamment question entre ces pages ? Toujours est-il que je garderai une bonne impression de ce surprenant et inclassable livre, de la plume efficace et envoûtante de son auteur, et de l'ambiance trouble qu'il parvient à rendre avec talent. A vous de vous faire votre propre opinion. Ecrite par Naolou le 20/09/2010



(Couverture alternative)