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Affichage des articles du avril, 2011

HAROLD / SITE LIVRADDICT

Harold de Louis-Stéphane Ulysse
 Synopsis
Nous sommes aux Etats-Unis en septembre 61. Chase Lindsey, un éleveur d'oiseaux, recueille un corbeau blessé qui porte une bague argentée à la patte. L'oiseau s'appelle Harold.
Ray Berwick, le dresseur de Hollywood, cherche des oiseaux pour un film en préparation, Les Oiseaux d'Hitchcock. Chase s'y rend avec ses volatiles. Lui et Harold sont fascinés par Tippi Hedren. Mais Harold est dangereux... et Tippi, en déroute...

Voici le point de départ d'une histoire hors du commun: l'histoire d'amour de Harold le corbeau et de Tippi Hedren. Le fil rouge qui permet à Louis-Stéphane Ulysse de dérouler, avec des personnages ayant existé pour la plupart, une histoire à suspens admirablement construite. Autour de l'étrange relation du corbeau avec l'actrice, se trame un écheveau d'enlèvements, chantages, manipulation, poursuites et trafics en tous genres.

Le lecteur immergé à Hollywood, suit avec plaisir Hitchcock, bien sûr, et ses rapports ambigus avec son actrice, Gianelli, un preneur son, Lew Wasserman agent influent à Universal, Eva Saint-Cyr, la doublure de Tippi, égérie et starlette à la petite semaine, Sydney Korshack, avocat mafieux, Richard "Iceman" Kulkinsky, tueur qui gravite autour de l'affaire de l'assassinat de Kennedy...



Genre : Contemporaine
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 Editions

Editions Le Serpent à Plumes
Publié en 2010 ~ Langue : Française ~ 344 pages
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 Commentaires (1)
Le 01 Septembre 2010 à 12:47
clara : Quel livre ! Dès les premières pages, il se dégage une ambiance particulière et l'écriture se révèle un véritable appeau ! A lire !!!!

Source : http://www.livraddict.com/biblio/book.php?id=16514


TOUTES LES NOUVELLES DE MON QUARTIER INTERESSENT LE MONDE ENTIER / HUBERT G. SITE MULTIMANIA

En septembre 1997, les éditions de poche J’ai Lu – plutôt spécialisées dans la science-fiction – lançaient une nouvelle collection loin de leur catalogue habituel. Le vieux logo seventies de la maison allait en prendre un coup, avec cette nouvelle collection lancée par une jeune éditrice, Marion Mazauric. Au titre saisissant de « Nouvelle génération », six titres étaient publiés dès la première livraison : Michel Houellebecq, EXTENSION DU DOMAINE DE LA LUTTE (Maurice Nadeau, 1994), Virginie Despentes, LES CHIENNES SAVANTES (Florent Massot), Claire Frédric, KÉROSÈNE (Michalon, 1996), Eric Holder, L'HOMME DE CHEVET (Flammarion, 1995), Vincent Ravalec, VOL DE SUCETTES, RECEL DE BÂTONS (Flammarion) et Louis-Stéphane Ulysse, TOUTES LES NOUVELLES DE MON QUARTIER INTÉRESSENT LE MONDE ENTIER (Michalon, 1996).

Depuis, la collection s’est enrichie de nombreux auteurs et titres. Elle a surtout la qualité de faire la part belle aux premiers romans (11 titres sur 24 parus en mai 1999), et le tout à un prix tout à fait modique (entre 19 FF et 32 FF).
Mettre à la disposition d’un grand public des auteurs pas toujours connus, des titres rares, des textes pas forcément évident pour un éditeur de poche est chose rare pour ne pas être signalé. Les couvertures sont de surcroît souvent superbes, ce qui n’est pas pour gâcher le plaisir.

« Nouvelle génération » ne se présente pas comme une école, non. La diversité des titres et des auteurs retenus montre plutôt que la collection cherche à privilégier l’âge, le côté mode, plutôt qu’un courant littéraire x ou y. « Nouvelle génération » est une belle collection et l’une des plus passionnante à ce jour chez un éditeur de poche, car elle empreinte surtout et avant tout à la littérature qui se fait, sans faire privilégier les morts comme Folio ou les Best-sellers comme le Livre de Poche.

Cependant, son existence même pose de nombreuses questions. Tout d’abord, il est plus que dommageable que les auteurs qui s’y retrouvent soient éloignés de leur éditeur d’origine. Les noms des éditeurs qui ont découvert ces auteurs disparaissent presque complètement de l’ouvrage (on ne le trouve qu’en tout petit, sur la page de copyright, mais par exemple, absolument pas sur la quatrième de couverture ou dans la bibliographie de l’auteur). Cette façon de faire, quelque peu désagréable, masque, par un petit effet marketing, tout le travail de découverte et de prise de risques, qu’ont pris d’autres éditeurs et que J’ai Lu récupère. Ainsi, dans la liste des titres du même auteur on retrouve ces mêmes romans affublés du nom d’éditeur « J’ai Lu », à la place de celui de l’édition originale. Génant ! Oui gênant, car par ce petit principe anodin, J’ai Lu récupère seul l’honneur de l’édition auprès d’un public qui n’est pas toujours averti d’ailleurs de l’existence de livres dans un autre format qu’en format de poche.

Rageant également pour les éditeurs d’origine : le succès de ces livres. Claire Frédric ou Louis-Stéphane Ulysse, qui n’ont pas vendu 1 000 exemplaires dans la première édition, dépassent ici des ventes de plus de 12 000 exemplaires. Bien sûr, cela est tout au bénéfice de l’auteur, qui gagne là un nouveau public – sans compter que la modicité du prix a un impact et que la force de vente de J’ai Lu, épaulée par le groupe Flammarion, diffuseur-distributeur, n’est pas pour rien dans ses tirages et ses ventes.
On se posera tout de même la question sur le fait que certains des manuscrits publiés ici ont, dans un premier temps, étés refusés par le comité de lecture de Flammarion, qui s’offre là, les petits succès ou les auteurs qui bougent pour un moindre prix, en bénéficiant de la couverture médiatique qu’ont déjà reçu la plupart de ces auteurs. Embêtant, décidément.

Cependant, « Nouvelle génération » est aussi un formidable moyen pour donner une seconde vie à des premiers romans. Et cela permet de revenir aussi sur un livre qui n’aurait pas trouvé son public, malgré ses qualités. C’est là une réelle promesse, pleine d’optimiste, pour autant que sa directrice et son éditeur continuent à être audacieux et même le deviennent un peu plus.

Au catalogue :

Mehdi Belhaj Kacem, Cancer, Tristram, 1994; J'ai Lu, 1999, [premier roman].
Arnaud Cathrine, les Yeux secs, Verticales, 1998; J'ai Lu, 1999, [premier roman].
Virginie Despentes, les Chiennes savantes, Florent-Massot; J’ai Lu, 1997, 27 FF.
Eric Faye, Parij, le Serpent à plumes, 1998; J'ai Lu, 1999.
Emmanuel Fille, Arthur, la balade du perdu, Florent-Massot; J’ai Lu, 1998, 27 FF, [premier roman].
Claire Frédric, Kérosène, Michalon, 1996 ; J’ai Lu, 1997, 19 FF.
Claire Frédric, la Môme; J’ai Lu, 1998, 27 FF, [premier roman].
Iegor Gran, Ipso facto, POL, 1997; J'ai Lu, 1999, [premier roman].
Eric Holder, l’Homme de chevet, Flammarion, 1995; J’ai Lu, 1997, 19 FF.
Eric Holder, Mademoisselle Chambon; J’ai Lu, 1998, 19 FF.
Michel Houellebecq, Extension du domaine de la lutte, Maurice Nadeau, 1994 ; J’ai Lu, 1997, 19 FF, [premier roman].
Jean-Claude Izzo, les Marins perdus; J’ai Lu, 1998, 32 FF.
Philippe Jaenada, le Chameau sauvage, prix de Flore 1997, Julliard, 1997 ; J’ai Lu, 1998, 36 FF, [premier roman].
Pascal Licari, Grande Couronne, POL, 1995 et 1997; J'ai Lu, 1999, [premier roman].
Lorette Nobécourt, la Démangeaison, les Belles Lettres, 1994 ; J’ai Lu, 1998, 19 FF, [premier roman].
Daniel Picouly, la Lumière des fous; J’ai Lu, 1998, 32 FF.
Vincent Ravalec, Vol de sucettes, recel de bâtons; J’ai Lu, 1997, 32 FF.
Vincent Ravalec, la Vie moderne; J’ai Lu, 1998, 27 FF.
Vincent Ravalec, Nostalgie de la magie noire; J'ai Lu, 1999.
Ann Scott, Asphyxie; J’ai Lu, 1998, 27 FF.
Valérie Tong Cuong, Big, éditions Nil, 1997; J’ai Lu, 1998, 27 FF [premier roman]
Louis-Stéphane Ulysse, Toutes les nouvelles de mon quartier intéressent le monde entier, Michalon; J’ai Lu, 1997, 19 FF.
Louis-Stéphane Ulysse, la Mission des flammes; J’ai Lu, 1998, 19 FF, [premier roman].
Luc Ziegler, Damnation, Belfond, 1995 ; J’ai Lu, 1998, 19 FF.

© hubert g. [ 23.05.99 ]

Source : http://membres.multimania.fr/unroman/text/jailu.htm


HAROLD / COUP DE COEUR BIBLIOTHEQUE BOURG LA REINE

ULYSSE, Louis-Stéphane
Harold / auteur, co-auteur, collaborateur Louis-Stéphane Ulysse. - Paris : Serpent à plumes, 2010. - 1 livre, 341 p. : couv. ill. en coul. ; 21 x 13 cm.

Coup de coeur 2011.

Résumé : En 1961, sur la côte Ouest des Etats-Unis, le dresseur d'oiseaux Chase Lindsey recueille un corbeau blessé, nommé Harold. Quand en 1962, Ray Berwick cherche des oiseaux pour le tournage d'un film de A. Hitchcok, il engage Chase et Harold qui rencontrent alors l'actrice du film, Tippi Hedren et sont fascinés par la jeune femme.

Centres d'intérêt :
1 - Littérature française
2 - Littérature du 21e siècle
3 - Suspence
4 - Humour
5 - Roman
6 - Coup de coeur


HAROLD / TEWFIK HAKEM "A PLUS D'UN TITRE" / FRANCE CULTURE

NOTES / QUESTION MARK AND THE MYSTERIANS

Today, de grandes questions : 11.000 visiteurs sur le Popablog, http://www.popablog.blogspot.com/ ,
est-ce que ça veut dire vraiment quelque chose ? ... Focuswriter le logiciel que je commence à utiliser pour le texte sur Poison Ivy est-il perfectible ? http://gottcode.org/focuswriter/ Dois-je mettre les mains dans son code source pour y bricoler des fonctionnalités qui me distrairaient et m'empêcheraient donc d'écrire plus vite ?

Me rend compte, certes un peu tardivement, que j'ai souvent besoin d'une opposition, voire d'un conflit, pour me lancer dans l'écriture d'un nouveau texte, comme s'il fallait absolument que la situation devienne "sans filet", désespérée, pour que je m'isole et parvienne enfin à me concentrer... Souvent remarqué que les périodes de rupture, de séparation, m'aidaient à booster pour écrire... Sale truc sans doute, je ne sais pas... Doute aussi sur le post précédent sur les séries télé...

Ok, je pense avoir raison sur ce qui a conduit à cette situation, à savoir le passage à "l'âge adulte" des séries, et l'impression de sa modernité, par rapport au "classique" de la narration ciné... Me demande s'il n'y a pas quelque chose de plus profond, en dehors de toute considération sur des enjeux économiques, sur la "déstructuration" d'un récit... Et dans ce cas est-ce que cela à une influence, ou non, sur ma façon d'écrire ce roman... "Oui" et "non", comme d'hab...

La réponse n'est pas vraiment dans ma tête mais dans le résultat, ou simplement dans le fait même d'être en train d'écrire mon roman... Initialement, j'aurais aimé que tout se passe pour moi comme un match de foot, quant j'étais gamin, un match sans la lourdeur des chaussures à crampons, que je ne supportais pas, à jouer sur l'aile ou libéro, et à m'ennivrer de deux trois mouvements avant de renvoyer le ballon...

L'école où j'allais n'avais pas de terrain de foot, donc à cette époque de l'année, on allait jouer dans le bois de Boulogne, sur des terrains improvisés, avec des arbres un peu partout sur notre aire de jeux qui, pour le coup prenait des proportions abérantes ... Certains buts d'anthologie furent marqués grâce au rebond contre un Cèdre ou énorme Pin... Bien sûr, la partie s'arrêtait alors pour des palabres sans fin, à défaut de pouvoir donner un carton rouge à l'arbre fautif... Notre prof de gym s'en mêlait, toujours dans le même survêt vert, parfois à bout d'arguments face à des équipes au nombre improbable (je ne crois pas que nous ayons joué une fois à onze contre onze) ... On devait parfois courir 200 mts avant d'arriver au but adverse... Voila, déjà à l'époque c'était compliqué...


HAROLD / INTERVIEW SITE "LES LECTURES DE FOLFAERIE"

Conversation avec Louis-Stéphane Ulysse

Comme je l'avais indiqué dans mon billet sur "Harold", j'ai beaucoup aimé ce roman qui m'a permis de faire connaissance avec un auteur français bien sympathique. Je remercie Louis-Stéphane Ulysse d'avoir pris le temps de répondre à mes questions, et j'espère que cet échange donnera envie à d'autres lecteurs de lire "Harold".

1/ Lisant peu de roman noir, je n'ai pas beaucoup de références, néanmoins la lecture de votre roman m'a immédiatement fait penser à James Ellroy et notamment à "L. A. Confidential". Est-ce une période que vous aimez particulièrement et que vous connaissez bien, ou avez-vous dû faire un gros travail de recherches pour reconstituer l'époque ?

Toutes les époques ont leur force et leur moteur mais c'est vrai que les Années 50, et plus particulièrement à Hollywood, donnent l'impression d'une machine à images et à fantasmes sans fin. On y trouve une telle opulence, une telle volonté de mélanger le cinéma et la vie, que même lorsqu'on croit avoir fait le tour du sujet, il y a toujours une nouvelle anecdote, une nouvelle histoire, une nouvelle légende pour nous happer.
Curieusement, le travail de recherche ne s'est pas fait en amont du texte, mais au fur et à mesure, chapitre après chapitre... Je me disais, par exemple, "ça serait bien si la mafia intervenait à tel moment"... J'allais ensuite sur les archives du L. A. Times, et je tombais sur les photos d'époque de tel mafieux célèbre au bras de telle actrice, ou en train de boire un verre avec tel producteur... J'ai travaillé plus à l'intuition qu'en partant d'une base documentaire... Mais je n'ai pas beaucoup de mérite : tout, ou presque, dans le Hollywood de ces années-là, paraissait encore plus improbable que n'importe quelle histoire inventée...

2/ J'ai cru comprendre que vous étiez un fan d'Hitchcock, mais pourquoi avoir précisément choisi "les Oiseaux" ? Quel a été le déclic ?

Je venais d'offrir à ma fiancée la version "beau livre" des entretiens "Hitchcock/Truffaut"... Bien sûr, j'ai fini par le feuilleter... Je trouvais assez étonnant le rapport entre Hitchcock et son actrice fétiche, Tippi Hedren. Finalement, c'est l'histoire d'un homme qui construit une sorte de "poupée parfaite", "la femme de ses rêves" en quelque sorte... Il va jusqu'à choisir ses amis, ses vêtements, il lui apprend tout... Mais une fois que "la femme de ses rêves" prend corps devant lui, il ne sait plus quoi en faire... Il me semblait qu'une histoire parlant du désir, de notre capacité à l'abîmer quand on ne sait pas quoi en faire, le tout situé dans une autre époque, apportait paradoxalement un éclairage sur "aujourd'hui", où le désir n'a peut être jamais été autant questionné, voir malmené, tant dans l'intime, le couple, que sur un plan plus large... Le désir de vivre avec les autres, d'avoir un projet commun... Notre rapport à l'altérité.
Je ne sais pas si je suis vraiment "fan" d'Hitchcock... Disons que, comme beaucoup de monde j'imagine, "ça va, ça vient" au gré de ce que je vis au quotidien. Tout d'un coup, cela va nous toucher, alors que quelques mois plus tôt, ou plus tard, l'intérêt aurait été moindre... Mais j'aime certains de ses films parce qu'il a su inventer, codifier, un langage de l'image.
Hitchcock fait partie de cette génération de réalisateurs qui viennent du muet et où tout doit être indiqué "dans" l'image, qu'il s'agisse du jeu des acteurs, des mouvements de caméra, ou de la lumière. Ses meilleurs films peuvent être vu sans le son, l'histoire reste compréhensible, elle ne passe pas par la parole ou les dialogues. D'autre part Hitchcock est dans le même temps, la même époque que les Surréalistes (il a travaillé avec Dali, et a toujours été très attentif au travail de Bunuel), il est intrigué par la psychanalyse... Et tout ça se voit et se sent dans son travail. Avec Les Oiseaux, chaque plan, ou presque, peut-être interprété d'une façon plus complexe qu'il n'y paraît. C'est ce qui me plaît chez Hitchcock : il offre à la fois un divertissement mais aussi, pour qui veut, un sens beaucoup plus profond. De son vivant, il n'était considéré aux États-Unis que comme un amuseur. Ce n'est qu'avec le livre de François Truffaut, que le public s'est aperçu qu'il y avait une profondeur et une véritable réflexion dans son travail.

3/ j'ai trouvé intéressant le fait que vous donniez un passé un peu "misérable" au corbeau. C'est un personnage à part entière du roman et malgré ses "travers" je n'ai pas eu l'impression une seule fois que vous en faites une créature mauvaise. Les oiseaux sont meilleurs que les hommes dans votre livre. Une vision voulue ?

Oui... Un petit corbeau quitte une Europe en ruines pour un continent où tout est possible... Le corbeau est assez symbolique du côté "mauvais présage", "oiseau de malheur"... Mais quand commence à s'intéresser à lui, on s'aperçoit que c'est tout le contraire... Depuis une dizaine d'années, les recherches ont fait d'énormes progrès. On sait, aujourd'hui, que le corbeau, comme certains grands singes, peut construire ses propres outils. De plus, il peut "prêter une intention" à autrui. Il peut par exemple créer des leurres, de fausses cachettes, pour tromper un "ennemi". Jusqu'alors, on pensait que c'était le propre de l'homme. Avec les pieuvres, les corbeaux sont les animaux les plus étudiés actuellement.
Il y avait la symbolique de l'oiseau, aussi, comme dans les chansons de troubadours... Je voulais raconter l'histoire d'un animal qui finit par se comporter comme un humain, à se hisser à ce niveau, par amour... Alors, que les hommes qui l'entourent finissent par se comporter comme des animaux, parce qu'ils ne savent plus quoi faire de leur désir...

4/ J'ai créé une catégorie "adaptations littéraires au cinéma" sur mon blog. Ayant vous-même un pied dans le cinéma et un dans la littérature, avez-vous des adaptations préférées?

J'en retiens deux. La première est "Eyes wid shut"  parce que, pour moi, elle est l'une des rares qui ne trahit pas ou ne "réduit" pas la part écrite. Kubrick respecte à la lettre le texte et lui garde sa noblesse. On pourrait dire que le réalisateur n'a pas changé une virgule du texte de Schnitzler. La force de Kubrick est d'avoir réussi à incarner des personnages de papier sans faire le "malin" sur le texte. Ce n'est pas forcément visible pour le grand public, mais le travail de construction, de traduction texte/images, pour arriver à ce résultat, sans léser l'un ou l'autre, est impressionnant.
L'autre adaptation est "Le Temps de l'innocence" d'Edith Wharton, par Martin Scorcese. Le travail d'adaptation y est peut être moins "parfait" mais, à la décharge de Scorcese, les romans d'Edith Wharton pour être rendus parfaitement à l'image, demanderaient cinq ou six heures de film.
J'aime "Le Temps de l'innocence" en tant que tentative. Pour un réalisateur qui avait fait "Casino" ou "Les Affranchis", disons des films plus "masculins", plus "carrés", je trouvais le pari et la démarche plutôt sympathiques... L'impression de quelqu'un qui ne pensait pas à lui ni à sa carrière, mais plus à son envie de créer autre chose, d'aller "ailleurs"... Pour moi, ça renvoie de l'énergie, c'est nourrissant, ça donne des perspectives et du courage pour ses propres projets.