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Affichage des articles du septembre, 2010

LA FONDATION POPA / PRIX DU STYLE / LE MAGAZINE LITTERAIRE







Source :http://www.magazine-litteraire.com/content/Breves/article.html?id=16781

HAROLD / MENSUEL GRATUIT "SUR LA RIVE" / PERIGORD NOIR



HAROLD / DEDICACE BON MARCHE / MAIRIE DU VII

HAROLD / PARISDECHINE / CHRONIQUES DE LA RENTREE LITTERAIRE.COM


HAROLD / AUGUSTIN TRAPENARD / ELLE

HAROLD / COUP DE COEUR JEAN FRANCOIS CALLENS / LA VOIX DU NORD


HAROLD / LIBRAIRIE L'HUMEUR VAGABONDE / DIXHUITINFO.COM


La rentrée littéraire 2010 de la librairie L'Humeur Vagabonde

La rentrée littéraire reste un événement de la vie culturelle. Mais comment distinguer le bon grain de l’ivraie parmi les centaines de bouquins publiés en septembre 2010 ? Afin d’y voir clair, la librairieL’Humeur Vagabonde, dans le 18e arrondissement de Paris, propose aux lecteurs de dixhuitinfo ses choix et ses coups de cœur.
Ah ! La rentrée littéraire ! Lorsqu’elle est aussi riche que ce cru 2010, c’est un régal pour les lecteurs et les libraires. Plus abondante que l’an passé avec 701 romans, la rentrée littéraire 2010 a débuté fin août avec l’arrivée en librairie des romans français. Puis, sont arrivés les "poids lourds" français et étrangers, les livres dont on parle partout, et bien présents dans les librairies (Houellebecq and co).
L’Humeur Vagabonde, elle, jubile, découvre, commente et s’organise autour de toutes ces lectures, et en cite quelques-unes d’ores et déjà defrichées des fonds des cartons (autre joie des librairies !) :




Que font les rennes après Noël ? - Olivia Rosenthal - Verticales
Les sept fous - Roberto Arlt - Belfond
Le credo de la violence - Boston Teran - du Masque
Les couilles de Dieu - Didier Pourquié - L’arbre vengeur
Harold - LS Ulysse - Le serpent à plumes
Antoine et Isabelle - Vincent Borel - Sabine Wiespieser
Purge - Sofi Oksanen - La Cosmopolite Stock

HAROLD / SAHKTI / SITE CRITIQUES LIBRES. COM

mediumHarold de Louis-Stéphane Ulysse
Catégorie(s) : Littérature => Policiers et thrillers , Littérature => Francophone
critiqué par Sahkti, le 10 septembre 2010 (Genève, Inscrite le 17 avril 2004, 36 ans)
La note: 8 etoiles
Visites : 29 

Sombres destinées

Chase Lindsey est éleveur d'oiseaux. Il les recueille, les élève, les donne, les dresse, les vend... Des volatiles de toutes sortes avec lesquels il a noué des relations particulières. Notamment avec Harold, un corbeau bagué qu'il recueille en 1961. Entre l'animal et l'homme va se construire une étrange histoire. Jusqu'en 1962, date à laquelle a lieu le tournage du film "Les oiseaux" de Hitchcock. Harold est appelé à jouer un grand rôle dans l'aventure. Ce qui provoque davantage de crainte que de fierté dans le regard de Chase; ce dernier a appris à cerner le corbeau et à s'en méfier. Surtout lorsque l'actrice Tippi Heddren ne cache plus la fascination qu'elle éprouve pour la bête.
Le tournage est parsemé d'énormes difficultés, les oiseaux ne répondent pas comme le Maître l'espère et Chase se retrouve embrigadé dans une drôle d'histoire avec des petites frappes locales.


Je me suis tout simplement régalée avec ce roman de Louis-Stéphane Ulysse !
Tout d'abord pour la construction de l'histoire, le choix narratif, la grande part accordée à Harold tout en ne basant pas tout sur lui mais aussi sur Chase, sur Hitch, sur Tippi Hedren ou Eva Beaumont.
Ensuite pour la trame, cette idée d'un corbeau pas très net qui ne met pas le désordre là où on l'attend, qui agit avant tout sur les âmes avec les dégâts que l'on imagine.
Enfin pour ce milieu cinématographique, mélange de fiction et de réalité, dans lequel l'auteur nous balade avec aisance.
Son écriture est fluide, concise, dénuée de toute fioriture inutile ou pesante. Dès lors, le récit avance à un bon rythme, prenant le temps de s'attarder sur certains détails et sautant allègrement les semaines lorsqu'il s'agit d'insister sur le caractère récurrent de quelques éléments.
Une des qualités de ce roman est cette proximité créée avec le lecteur autour du sujet. Tout le monde connait Les oiseaux, Hitchcock ou Tippi Hedren. Il est alors si simple de se glisser dans l'histoire, ce drame qui se joue sous nos yeux, et de se sentir proches des protagonistes, dans ce qu'ils ont de vulnérable ou d'agaçant.
Un bon roman noir, à découvrir !
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source :http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/24213

TOUTES LES NOUVELLES DE MON QUARTIER INTERESSENT LE MONDE ENTIER / SAHKTI / SITE CRITIQUES LIBRES. COM

mediumToutes les nouvelles de mon quartier intéressent le monde entier de Louis-Stéphane Ulysse
Catégorie(s) : Littérature => Francophone
critiqué par Sahkti, le 24 novembre 2008 (Genève, Inscrite le 17 avril 2004, 36 ans)
La note: 7 etoiles
Visites : 426 

Raconte-moi la vie

Il y a le narrateur et son quartier.
"Je vis dans une banlieue de New York, ça s'appelle Près-de-Paris et c'est en France. Le problème, c'est que les gens qui vivent ici se croient au centre du monde alors qu'ils sont précisément à l'endroit du trou de balle."

Il y a le narrateur et sa bande de copains. Mac le petit caïd qui passe son temps à piquer des trucs qu'il collectionne dans un garage. Wham la superbe prostituée qui rêve d'un monde meilleur. Faye l'Africain qui quitte son pays pour la France en y croyant dur comme fer mais rien ne marchera comme il faut.
Sandra la galériste qui leur promet la célébrité et aussi un peu l'amour.
Kadaf, surtout, le meilleur ami, celui des confidences et des tags nocturnes, compagnon de rêves un peu fous comme posséder une Ford Taunus ou vendre un tableau aussi cher qu'un Basquiat.

Il y a tout ce petit monde, il y a une cité, ni heureuse ni malheureuse, proche des gens et du quotidien. L'épicerie locale, les matches de basket, la vie qui s'étire au gré des jours.
Tout cela est raconté dans un langage très vivant, simple et oral, par Louis-Stéphane Ulysse. Rapidement, les personnages deviennent attachants dans leur maladresse et leur besoin de croquer la vie à pleines dents. Naïfs et lucides à la fois, ils emportent le lecteur dans leurs délires de manière touchante. La sensibilité de ce livre, son humour et le regard parfois désabusé qu'il porte sur toute une génération m'ont séduite. Bien plus efficace que de longs plaidoyers ministériels sur la banlieue.

HAROLD / REVUE "LIBRAIRES ENSEMBLE"






source : PDF www.calameo.com/books/000114136e4c6d016bbf2

HAROLD / JACQUES DEVAUX / L'ECHO DE PERIGUEUX




HAROLD / BLOG "LILY ET SES LIVRES"



07 SEPTEMBRE 2010


Harold @ Louis-Stéphane Ulysse

« C'est l'histoire d'un oiseau qui finit par se comporter comme un homme par amour ; là où les hommes qui l'entourent, finissent pas se comporter comme des oiseaux, donc comme des animaux, parce qu'ils ne savent pas quoi faire de leur amour. »
Extrait de l’entretien de l’auteur avec Maxence Grugier.

Chase Lindsey, éleveur et dresseur d’oiseaux, homme solitaire, presque reclus, est embauché sur le tournage du prochain film d’Hitchcock, « Les oiseaux », film problématique s’il en est puisqu’il faudra au réalisateur gérer tout autant les caprices de ses stars que ceux des volatiles tout aussi versatiles…
Chase n’est pas étranger à ce milieu pourtant à mille bornes de sa vie de tous les jours, c’est une part de son métier, il accepte. Peu de temps auparavant, un jeune corbeau, surprenant et fier, avait fait son apparition dans sa ferme, semant le désordre et la confusion parmi ses corbeaux. L’animal, blessé, visiblement affamé, portait une étrange bague à sa patte droite sur laquelle était gravée cette inscription, « Harold ».
Chase ne mêle pas le nouveau venu à ses autres oiseaux, mieux, il protège les siens tout en le surveillant de près. A vrai dire, Harold qui se remet rapidement de ses blessures l’époustoufle par sa vaillance, et quelque chose d’un petit peu plus spécial, d’un peu trop « humain ».
Il le laisse libre, même après qu’il eut tué son chef de meute…
Quand l’oiseau réapparaît, par hasard vraiment ? sur le tournage du film du grand Hitch, Chase n’en revient pas, monte en lui comme un sentiment d’inquiétude, le sentiment qu’une histoire, « leur » histoire allait commencer…
Et puis il y a Tippi, Tippi Hedren, dans le rôle phare, insaisissable, distante, subliment élégante. Chase, Harold et Tippi…
LEUR histoire, oui, finalement à tous les trois. Car dans ce roman noir, fort noir, aussi noir que les ailes d’un corbeau, la passion, l’attraction, sensuelle, irrésistible, impossible, tient de loin la première place. Mais là où le corbeau réussit, l’humain échoue, presque piteusement. Chase choisira la doublure de Tipi, son ombre en pleine lumière, sa doublure lumière, Eva Beaumont, tandis qu’Hitch subira camouflets sur camouflets de la part de sa vedette préférée (du moment).
Oui, les rôles s’inversent, l’oiseau tient finalement la vedette à la ville comme à la scène, peut-être parce qu’il ne joue pas, lui…
Entre fable cruelle, roman noir et récit fantastique, Louis Stéphane Ulysse plonge son lecteur dans une ambiance très hitchcockienne, au cœur d’un Hollywood sulfureux qu’il connaît sur le bout des doigts.
A découvrir et à dévorer avec bonheur !

Ici le très bel article de fluctuat et l’entretien avec Louis – Stéphane Ulysse

« (…) et Tippi, les genoux en sang, bas déchirés, le sang aussi sur le visage, se mit à pleurer, cette façon de pleurer qu’on a tous parfois quand on ne parvient même plus à reprendre son souffle, et la silhouette avait quelque chose de perdu à cet instant-là, dans l’immensité des décors du studio, et elle pleurait toujours lorsque brusquement, les sanglots se suspendirent parce que, quelque part dans le même espace qu’elle, elle n’en était pas sûre, mais quelque part quand même elle entendit ce bruit, elle avait encore ses larmes mais au moins maintenant pouvait-elle respirer, et elle regarda sans trop y croire, mais elle entendit ce bruissement d’aile… »


Editions Le Serpent à plumes – Août 2010

3 commentaires:





keisha a dit…
Je n'avais pas osé accepter ce livre, mais au vu des billets, je vais l'avoir quand même!



In Cold Blog a dit…
Les différents billets que j'ai lus à propos de ce livre font envie mais il en ressort à chaque fois une dimension "fantastique" qui me refroidit.



niki a dit…
je note ce titre, car j'ai adoré le film, même si après j'ai eu quelques difficultés avec le canari de mon grand père ;o)

HAROLD / FLUCTUANET

Curiosités littéraires de la rentrée : des stars, un chien et un corbeau

Nous avions classé Le Chat Murr d'E.T.A. Hoffmann parmi les livres les plus drôles. En cette rentrée, deux romans qui mettent en scène des protagonistes animaux nous ont également séduit.Lire la suite l'article
Et pas n'importe quels animaux. L'un, Maf le Chien, fut le plus fidèle compagnon de Marilyn Monroe. Offert à l'actrice en 1960 par Franck Sinatra, Maf est un bichon maltais fan de Trotsky, qui aime à disserter philosophie avec ses confrères canins : "La vérité, c'est que les hommes savent que nous les observons, et les plus intelligents savent que nous parlons d'eux. Ils ne sont pas stupides. Ils se comportent seulement comme si." Les hommes vulgaires, les animaux subtils, un chien narrateur : une formule qui permet à Andrew O'Hagan de moquer en bon satiriste les comportements humains, mais aussi de dresser le portrait intime de l'astre Marilyn dans l'Amérique du début des années 60.
L'autre héros animal de la rentrée n'a pas un parcours moins prestigieux que Maf. Corbeau européen amené aux Etats-Unis par un magicien hongrois, Harold se retrouve sur le tournage des Oiseaux d'Hitchcock. C'est là qu'il tombe amoureux de Tippi Hedren, l'actrice principale du film, avec laquelle il noue d'étranges rapports. A la fois inquiétant et protecteur, Harold le corbeau amoureux permet lui aussi d'interroger la part animale de l'humain. Louis-Stéphane Ulysse parle ainsi de son roman : "l'histoire d'un oiseau qui finit par se comporter comme un homme par amour ; là où les hommes qui l'entourent finissent pas se comporter comme des oiseaux, donc comme des animaux, parce qu'ils ne savent pas quoi faire de leur amour."
Inspirés de faits réels (Marilyn était vraiment inséparable de Maf, un oiseau s'enticha vraiment de Tippi pendant le tournage), les romans d'Andrew O'Hagan et de Louis-Stéphane Ulysse s'avère tous deux très convaincants, bien au-delà de la curiosité que suscite leur dispositif original - animal. La chronique de Vie et opinions de Maf le chien et de son amie Marilyn Monroe La chronique d'HaroldEntretien avec Louis-Stéphane Ulysse

source : http://fr.news.yahoo.com/57/20100906/tod-curiosits-littraires-de-la-rentre-de-99752b7.html

HAROLD / BRIGITTE KERNEL - NOCTILUQUE / FRANCE INTER





Source : http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/noctiluque/

HAROLD / MAXENCE GRUGIER / SITE FLUCTUAT.NET































Posté par Céline le 06.09.10 à 11:40 | tags : actu de la rentrée

Nous avions classé Le Chat Murr d'E.T.A. Hoffmann parmi les livres les plus drôles. En cette rentrée, deux romans qui mettent en scène des protagonistes animaux nous ont également séduit.Et pas n'importe quels animaux. L'un, Maf le Chien, fut le plus fidèle compagnon de Marilyn Monroe. Offert à l'actrice en 1960 par Frank Sinatra, Maf est un bichon maltais fan de Trotsky, qui aime à disserter philosophie avec ses confrères canins : "La vérité, c'est que les hommes savent que nous les observons, et les plus intelligents savent que nous parlons d'eux. Ils ne sont pas stupides. Ils se comportent seulement comme si." Les hommes vulgaires, les animaux subtils, un chien narrateur : une formule qui permet àAndrew O'Hagan de moquer en bon satiriste les comportements humains, mais aussi de dresser le portrait intime de l'astre Marilyn dans l'Amérique du début des années 60.
L'autre héros animal de la rentrée n'a pas un parcours moins prestigieux que Maf. Corbeau européen amené aux Etats-Unis par un magicien hongrois, Harold se retrouve sur le tournage des Oiseaux d'Hitchcock. C'est là qu'il tombe amoureux de Tippi Hedren, l'actrice principale du film, avec laquelle il noue d'étranges rapports. A la fois inquiétant et protecteur, Harold le corbeau amoureux permet lui aussi d'interroger la part animale de l'humain. Louis-Stéphane Ulysse parle ainsi de son roman : "l'histoire d'un oiseau qui finit par se comporter comme un homme par amour ; là où les hommes qui l'entourent finissent pas se comporter comme des oiseaux, donc comme des animaux, parce qu'ils ne savent pas quoi faire de leur amour."
Inspirés de faits réels (Marilyn était vraiment inséparable de Maf, un oiseau s'enticha vraiment de Tippi pendant le tournage), les romans d'Andrew O'Hagan et de Louis-Stéphane Ulysse s'avère tous deux très convaincants, bien au-delà de la curiosité que suscite leur dispositif original - animal.

La chronique de Vie et opinions de Maf le chien et de son amie Marilyn Monroe La chronique d'Harold

Entretien avec Louis-Stéphane Ulysse
http://livres.fluctuat.net/blog/


HAROLD / INTERVIEW MAXENCE GRUGIER / FLUCTUAT.NET



Pour son huitième roman, Louis-Stéphane Ulysse convoque l'une de ses plus grandes passions : le cinéma hollywoodien des années 50 et 60. DansHarold, il revient sur le tournage des Oiseaux d'Alfred Hitchcock, et n'hésite pas, pour cela, à faire d'un corbeau... son personnage principal. Entretien avec l'auteur de cette curiosité littéraire.
Fluctuat : Comment t'es venue l'idée de faire d'un oiseau le personnage principal de ton livre ?
Louis-Stéphane Ulysse : 
Nathalie Fiszman, des éditions du Serpent à plumes, cherchait un texte autour de la personnalité d'Alfred Hitchcock. Un soir, j'ai revuOiseaux et le documentaire de bonus sur le DVD. Dans ce doc, Tippi Hedren et Rod Taylor racontaient des anecdotes avec les vrais oiseaux, dont deux corbeaux, Buddy et Archie. Buddy suivait Tippi partout. Quant à Archie, il avait pris Rod Taylor en grippe, au point de lui foncer dessus tous les matins. Je me suis dit que ça serait amusant de raconter le tournage du film, via le regard et la sensibilité d'un corbeau. Si on s'en tenaît au seul point de vue du corbeau, cela fonctionnait un peu comme dans le Baxter de Ken Greenhall, adapté par Jérôme Boivin et Jacques Audiard au cinéma. Je venais de travailler avec Jérôme, je me voyais mal faire un remake de son travail. Le côté "Le film Les Oiseaux raconté par un oiseau" était malin et vendeur, mais trop fabriqué. Je voulais faire un texte plus profond sur le désir. Il me semblait que plus je prendrais de distance dans le temps, plus j'en donnerais paradoxalement sur le contemporain.
Parallèlement aux intrigues, le roman regorge d'anecdotes concernant des personnages, des lieux, des moments clés de l'histoire américaine, un peu à la manière d'un catalogue... 
C'est un des paradoxe du roman dont l'histoire très structurée est constamment "coupée" par des parties quasi-documentaires. J'avais cette idée de "catalogue" en tête en pensant aux images sur lesquelles on voit une femme d'intérieur blonde sous un casque chauffant, qui pose un ongle manucuré sur tel réfrigérateur ou tel téléviseur d'un catalogue... Cette construction permettait de sortir les personnages de leur cadre, de leur statut d'icône, pour les relier à leur temps. On devait les "oublier" un peu, ou du moins les rendre plus "quotidiens" pour rendre leurs actes et leurs pensées crédibles, dans le contexte d'une époque. Il y a une époque où les personnages sont dans leur désir, même pour la part la plus noire, là où il me semble que nous sommes dans une époque où le désir n'a jamais été aussi questionné, voire malmené.
Tu évoque le photographe érotique Irwin Klaw - spécialiste du bondage dans les 50's - et ses filles (Betty Page, Tempest Storm, Blaze Starr, etc.) tu parles aussi de Betty Short (le Dahlia Noir), de films cultes, d'actrices mythiques, etc. Harold est-il une entreprise fétichiste ? 
De toute façon, dès lors qu'on commence à raconter une histoire, tu passes, dans un premier temps, par une fétichisation des personnages : apparence, détails physiques, comportements, tics... La période qui va de la fin de la Seconde guerre mondiale au début des années 60, peut aussi se définir par sa culture de l'objet de consommation : il suffit de regarder le travail de Raymond Loewy, et d'où partent les racines du Pop art. Je vois les années 50 comme une période assez primitive. C'est une époque assez naïve, assez premier degré, sans cynisme. Ce sont des générations qui sortent d'un trou noir, l'avenir ne peut être que meilleur. A l'inverse, aujourd'hui, il y a une réelle inquiétude sur les générations qui vont suivre et ce qu'elles vont devoir vivre.
Ton livre tourne autour d'Alfred Hitchcock, c'est un moment particulier de sa vie - et donc de son oeuvre - un moment de fragilité et de remise en question, pourquoi avoir choisi cette période ? 
Ce qui me plaît c'est la confrontation d'une "humanité" à ce qui l'entoure. Les perturbations, les contradictions, les zones d'ombre. Le livre commence au moment où Hitchcock a déjà presque tout eu... Et c'est finalement ce "presque" qui va le faire basculer. Il arrive aux Etas-Unis précédé d'une réputation de jeune réalisateur talentueux. Il passe sous la coupe de David O'Selznick mais vit mal l'intrusion du producteur dans son travail. Il gravit peu à peu les échelons pour reprendre son indépendance. La télé arrive, et, loin de le déstabiliser, elle lui sert pour asseoir d'avantage sa notoriété. Avec Psychose, il utilise les moyens de la télé d'alors pour définir les codes du film de genre encore valables aujourd'hui. Hitch commence à questionner ce qu'il y a derrière l'image. D'un autre côté, il a déjà "perdu" Ingrid Bergmann, trop indépendante. Un temps, il pense avoir trouver la "poupée" parfaite avec Grace Kelly, mais, devenu princesse, elle renonce à sa carrière. Arrive Tippi Hedren. Elle est mannequin, elle n'a jamais joué. Hitch lui apprend tout. Pour lui elle incarnait "le feu sous la glace". Il a trouvé l'incarnation parfaite de la femme telle qu'il l'imaginait, mais le fait même de l'avoir enfin trouvée, le perturbe au point de faire n'importe quoi. Une fois qu'il a concrétisé son idéal, ce qui pouvait ressembler à une quête devient une obsession destructrice...
Les nombreuses anecdotes concernant le tournage des Oiseaux, sont-elles vraies ?
Oui. Ou presque. Mais que cela soit vrai ou pas, n'a pas beaucoup d'importance. Ce qui compte c'est que ça ait l'air vrai et que la vérité soit au service de l'histoire, et lui permette d'avancer. Ce qui était bizarre pour ce livre, c'est que le travail de documentation a commencé pendant l'écriture, et pas en amont. Ce sont les intuitions ou les envies qui ont menées à la vérité. Par exemple, je me disais : "ça serait bien si un corbeau pouvait faire ça", "si Hitchcock pouvait avoir un lien avec la mafia"... Je partais ensuite en recherche pour trouver des pistes et des preuves. Le lien entre Hitchcock et la mafia, via son entourage, je l'ai cherché deux mois avant d'en trouver trace en lisant par hasard un article américain sur Richard Cain, qui était à la fois à Dallas le jour de l'assassinat de Kennedy, et lié à une affaire concernant Robert Maheu et Howard Hugues... Cain est vrai, il a existé mais quand on le voit anonyme, en arrière-plan derrière le président Lyndon Johnson, Sam Giacana, ou avec des Castristes à Cuba, on croit à une blague, on se dit que c'est le Zelig de Woody Allen.
Tu insistes sur l'impact physique du monde imaginaire d'Hollywood sur la réalité. Tu parles du recyclage des décors, des bars, des restaurants, même des maisons, sur le tournage des Oiseaux. C'est étonnant ce recyclage du rêve dans la réalité... et aussi que les gens finissent par y vivre sans y penser ...
Les Oiseaux est un film très particulier pour ce qu'il induit. Parmi les anecdotes retirées, il y avait une critique du film, faite à l'époque par une sorte de pasteur allumé, qui expliquait très bien cette notion de "prison de rêve". Pour lui, le film était fait du point de vue des oiseaux, et les oiseaux, dans la scène finale, regardaient en se délectant cette "famille humaine", sans doute la dernière encore en vie, qui prenait la fuite sans savoir ce qui l'attendait au bout de la route. En fait, les oiseaux étaient comme autant de téléspectateurs devant leur télé. Les humains avaient donc perdu leur place. On peut aussi voir Harold comme ça : c'est l'histoire d'un oiseau qui finit par se comporter comme un homme par amour ; là où les hommes qui l'entourent, finissent pas se comporter comme des oiseaux, donc comme des animaux, parce qu'ils ne savent pas quoi faire de leur amour.
Propos recueillis par Maxence Grugier