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Affichage des articles du août, 2010

HAROLD / MANUELA GIROUD / LE NOVELLISTE



SOURCE : LE NOVELLISTE

DERRIERE LE MIROIR / COUVERTURE




HAROLD / SITE LIBRAIRIE LES GUETTEURS DE VENT



SOURCE : http://lesguetteursdevent.blogspot.com/

HAROLD / BLOG "BLOGOBOOK"

Harold

AUTEUR : Louis-Stéphane Ulysse
TITRE : Harold
PARUTION : 26 août 2010
RÉSUMÉ : Nous sommes aux Etats-Unis en septembre 61. Chase Lindsey, un éleveur d’oiseaux, recueille un corbeau blessé qui porte une bague argentée à la patte. L’oiseau s’appelle Harold.
Ray Berwick, le dresseur de Hollywood, cherche des oiseaux pour un film en préparation, Les Oiseaux d’Hitchcock. Chase s’y rend avec ses volatiles. Lui et Harold sont fascinés par Tippi Hedren. Mais Harold est dangereux… et Tippi, en déroute…
Voici le point de départ d’une histoire hors du commun : l’histoire d’amour de Harold le corbeau et de Tippi Hedren. Le fil rouge qui permet à Louis-Stéphane Ulysse de dérouler, avec des personnages ayant existé pour la plupart, une histoire à suspens admirablement construite. Autour de l’étrange relation du corbeau avec l’actrice, se trame un écheveau d’enlèvements, chantages, manipulation, poursuites et trafics en tous genres.
Le lecteur immergé à Hollywood, suit avec plaisir Hitchcock, bien sûr, et ses rapports ambigus avec son actrice, Gianelli, un preneur son, Lew Wasserman agent influent à Universal, Eva Saint-Cyr, la doublure de Tippi, égérie et starlette à la petite semaine, Sydney Korshack, avocat mafieux, Richard « Iceman » Kulkinsky, tueur qui gravite autour de l’affaire de l’assassinat de Kennedy…
Ce livre a fait l’objet d’un partenariat. Voici ce qu’en ont pensé les 5 blogueurs :
Brize : « « Harold », roman pas ordinaire, m’a permis de découvrir un auteur que je ne connaissais pas et que je ne risque pas d’oublier  servi par une plume d’une qualité indéniable, il illustre à sa manoère, troublante, une certaine période des Etats-Unis, où le glamour hollywoodien n’était qu’un trompe-l’oeil. »
Folfaerie « C’est un polar mais qui déborde un peu de son genre. Car c’est aussi l’histoire d’une déchéance (qu’elle est dure et poignante la descente aux enfers de Chase…) et la chronique d’une époque enfuie, sordide et néanmoins fascinante. Bref, une excellente surprise, un très bon roman que je recommande vivement, que l’on soit amateur de polar ou non. »
Nahe « J’ai beaucoup apprécié ce livre : l’écriture est efficace, énergique et l’atmosphère sombre d’Hollywood est y magistralement rendue. J’ai pris plaisir à suivre le destin d’Harold, même si, a priori, l’idée me semblait un peu étrange. Mais justement, le terme d’étrange cadre bien avec cet ouvrage : personnages fascinants et angoissants, situations tendues et dramatiques, … »
Patacaisse « Je n’aime pas les livres noirs d’habitude mais j’ai beaucoup apprécié celui-ci car l’histoire est palpitante. L’environnement du cinéma est très intéressant. Harold laisse planer le mystère : est-ce un bénéfice ou un cauchemar de le connaître ? »
Vhs « Mais très vite je me suis lassée. Le nombre important de personnages secondaires qui apparemment sont des célébrités locales (désolée je ne connais pas très bien le coin de LA, encore moins celui des 60’), les digressions qui m’ont parues plaquées trop artificiellement dans le récit et dont je ne vois pas la pertinence autre que celle de prouver que des recherches ont été effectuées sur le sujet. »
Merci aux éditions du Serpent à Plumes !

SOURCE : http://www.blog-o-book.com/harold

HAROLD / GUILLAUME GUGUEN / FRANCE 24

La rentrée littéraire, un roman français
Vulgaire opération commerciale pour les uns, événement culturel incontournable pour les autres, la rentrée littéraire témoigne des relations passionnées que les Français entretiennent avec les Belles Lettres. Revue des romans attendus cette année.
Par Guillaume GUGUEN (texte)

LA SÉLECTION FRANCE 24 DES ROMANS FRANÇAIS
Les 5 romans français sélectionnés par Sandrine Treiner, rédactrice en chef culture de France 24.
-"Parlez-leur de batailles, de rois et d’éléphants", de Mathias Enard, Actes Sud.
-"Des éclairs", de Jean Echenoz, Minuit.
-"Apocalypse bébé", de Virginie Despentes, Grasset.
-"La Carte et le Territoire", de Michel Houellebecq, Flammarion.
-"L’Insomnie des étoiles", de Marc Dugain, Gallimard.

Le phénomène n’a pas d’équivalent hors des frontières hexagonales. Chaque année, à l’orée de l’automne, le monde de l’édition tire le miscrocosme culturel français de sa torpeur estivale en sonnant le tocsin de la rentrée littéraire. Depuis le début du XXe siècle et l’avènement des prestigieux prix littéraires de novembre (Goncourt, Renaudot, Interallié, Médicis pour ne citer qu’eux), les maisons d’édition présentent, parfois dans la précipitation, leurs nombreuses nouveautés dans l’espoir de tirer leur épingle des récompenses automnales.
De la mi-août à la fin d’octobre, plusieurs centaines de nouveaux romans déferlent sur les étals des librairies sans avoir toujours le temps de piquer la curiosité du public. Elevée au rang d’exception culturelle, cette tradition franco-française n’en demeure pas moins controversée. Nombreux sont ceux qui, parmi les amoureux des Belles Lettres, ne voit en elle qu’une énorme foire commerciale peu soucieuse des subtilités de la stylistique. En septembre 2007, quelque 727 œuvres avaient été imprimées pour l’occasion. Un record que le cru 2010, après deux ans de relative accalmie, n’est pas loin de battre.
Pied de nez à la crise ?

LA SÉLECTION FRANCE 24 DES ROMANS ÉTRANGERS
Les 5 romans étrangers sélectionnés par Augustin Trapenard, chroniqueur littéraire pour France 24.
-"Le Livre de Dave", de Will Self ("The Book of Dave"), traduit de l'anglais par Robert Davreu, L'Olivier.
-"Savoir perdre", de David Trueba ("Saber perder"), traduit de l'espagnol par Anne Plantagenet, Flammarion.
-"L'Été de la vie", de J.-M. Coetzee ("Summertime"), traduit de l'anglais par Catherine Laugas du Plessis, Seuil.
-"Purge", de Sofi Oksanen ("Puhdistus"), traduit du finlandais par Sébastien Cagnoli, Stock.
-"Fragments. Poèmes, écrits intimes, lettres", de Marilyn Monroe, Seuil.
Selon les données récoltées cette année par la revue "Livres Hebdo", 701 nouveautés, dont 85 premiers romans, doivent sortir des rotatives des imprimeries, contre 659 l’an passé. A tout seigneur tout honneur, la fiction française représente le plus gros des troupes avec 497 parutions (430 en 2009). Du côté des romans étrangers, on accuse une légère baisse avec 204 titres, contre 229 l’année précédente. Treize romans, dont ceux de l’incontournable Amélie Nothomb ("Une Forme de vie", Albin Michel) et du sulfureux Michel Houellebecq ("La Carte et le territoire", Flammarion), ont été tirés à plus de 50 000 exemplaires...
En ces temps de morosité économique, les éditeurs de fictions font preuve d’une insolente pugnacité. "Produire un roman n’est pas ce qui coûte le plus cher, rappelle Christine Ferrand, rédactrice en chef de"Livres Hebdo". Selon une récente étude du cabinet d’audit KPMG, la littérature reste la catégorie éditoriale la plus lucrative. En 2008, la rentabilité de tout le secteur s’est dégradée à l’exception faite du domaine des Belles Lettres. "En France, le roman demeure, en outre, le genre le plus noble, précise Christine Ferrand. Si bien que tout le monde s’y met. Cette année, même les éditions scientifiques du CNRS en ont publié un.*"
Les vedettes à la rescousse
Les nouvelles exigences du marché (émergence du numérique, érosion du lectorat...) contraignent toutefois les plus prestigieuses écuries à la prudence. "Cette année, seuls 85 premiers romans vont être présentés jusqu’à la fin d’octobre, contre 102 en 2007 et 121 en 2004, l’année record, pointe Christine Ferrand. De fait, l’ensemble de la production se recentre sur les auteurs connus." Parmi les poids lourds francophones qui font leur rentrée, outre Amélie Nothomb et Michel Houellebecq, notons la présence du Goncourt 2004 Laurent Gaudé("Ouragan", Actes Sud), d’Olivier Adam ("Le Cœur régulier", L'Olivier), de Virginie Despentes("Apocalypse Bébé", Grasset), du Prix Renaudot 2003 Philippe Claudel ("L'Enquête", Stock) ou encore d'Alice Ferney ("Passé sous silence", Actes Sud).
Même tendance pour les auteurs étrangers. "La moitié des romans de langue étrangère sont anglophones, c’est-à-dire ceux qui, en général, se vendent le plus, observe Augustin Trapenard, chroniqueur littéraire à France 24. Cette année, toutes les grandes maisons ont leur tête d’affiche." Sorti en grande pompe aux Etats-Unis, "Suite(s) impériale(s)" de l’enfant terrible Bret Easton Ellisparaîtra le 20 septembre chez Robert Laffont, le polar "Vice caché" de l’énigmatique Thomas Pynchon sortira la 2 septembre au Seuil et le recueil de nouvelles de Jim Harrison, "Les Jeux de la nuit", sera publié par Flammarion dès le 1er septembre. Ce même jour, Actes Sud présentera le dernier opus de Don DeLillo, "Point Oméga". Les inconditionels du célèbre Philip Roth devront quant à eux patienter jusqu’à octobre pour lire son "Indignation", à paraître chez Gallimard...
Un fort accent américain
La littérature, nouvel avatar de la suprématie américaine ? Pour nombre d’observateurs, cet engouement s’explique par la grande influence que la culture américaine (cinéma, télévision, musique...) exerce sur les consciences des pays occidentaux, comme un nouveau témoignage de la puissance du "soft power". Mais pas seulement. "Ce retour vers la littérature américaine s’explique aussi par le fait qu’elle soit capable de produire énormément de textes forts", souligne la rédactrice en chef de "Livres Hebdo". Nombreux, en effet, sont les critiques qui s’accordent à dire que les Etats-Unis sont, aujourd’hui, le seul pays capable d’engendrer autant de géants de la littérature contemporaine.
Un pouvoir de fascination qui semble même avoir contaminé les romanciers de la langue de Rabelais. Une quinzaine de fictions françaises présentées pour cette rentrée 2010 ont pour décor les Etats-Unis . "Avec ‘Cosmos‘, à paraîte chez Actes Sud, Claro livre sa version du mythique 'Magicien d’Oz’, 'Nevrospirale’, de Patrick Olivier-Meyer, chez Calmann-Lévy, s’inscrit clairement dans la lignée de Bret Easton Ellis", recense Augustin Trapenard. Autres exemples : "Ouragan" de Laurent Gaudé, qui se passe dans La Nouvelle-Orléans post-Katrina, ''Harold'' de Louis-Stéphane Ulysse(Le serpent à plumes), qui revient hanter le tournage des "Oiseaux" d’Alfred Hitchcock, "L’Envers du monde" de Thomas Reverdy (Seuil), qui retourne dans le New York de l’après 11-Septembre ou encore "Norfolk" de Fabrice Gabriel (Seuil), dont le héros part jusqu’à Pasadena, en Californie,sur les traces de son oncle...
Longtemps propre sujet de leurs récits, les écrivains français font davantage preuve d’ouverture sur le monde, comme pour mieux ménager un lectorat quelque peu fatigué de l'auto-fiction qui a fait les grandes heures de Saint-Germain-des-Prés. "Une page s’est tournée, affirme Christine Ferrand. Cette année, les auteurs français sont moins nombrilistes. Ils posent leur regard sur le monde qui les entoure." Ausculation "balzacienne" des milieux socio-professionnels français pour Michel Houellebecq, satire sociale pour Virginie Despentes, enquête au cœur du monde de l’entreprise pour Philippe Claudel... les romanciers se font les explorateurs d’une société en pleine mutation. "D’une manière générale, cette rentrée est assez sombre", conclut Christine Ferrand.

SOURCE : http://www.france24.com/fr/20100823-france-romans-rentree-litteraire-litterature-houellbecq-nothomb-adam-echenoz

HAROLD / MATHIEU HENON / SITE LE MEDIATEASEUR







Louis-Stéphane Ulysse en Interview

août 23rd, 2010 → 10:50 Mathieu


C’est ce jeudi 26 août que sortira Harold, le nouveau roman de Louis-Stéphane Ulysse.
L’histoire nous plonge aux États-Unis en septembre 1961. Chase Lindsey, un éleveur d’oiseaux, recueille un corbeau blessé qui porte une bague argentée à la patte. L’oiseau s’appelle Harold. Ray Berwick, le dresseur de Hollywood, cherche des oiseaux pour un film en préparation, Les Oiseaux d’Hitchcock. Chase s’y rend avec ses volatiles. Lui et Harold sont fascinés par Tippi Hedren. Mais Harold est peut-être plus dangereux qu’il n’en a l’air.
Le Mediateaseur a eu le plaisir de lire ce très bon roman il y a quelques temps déjà et de pouvoir poser quelques questions à l’auteur lui-même. Un entretien très intéressant que nous vous proposons à présent pour soutenir la sortie.

 Bonjour Louis-Stéphane, 
Votre roman, Harold, sort le 26 août prochain, comment vivez-vous cette période d’attente ?
En ce moment, je commence à travailler sur un scénario de cinéma, et ensuite je dois enchaîner sur un roman… Donc, je suis un peu obligé de m’éloigner d’Harold et de faire « table rase » pour pouvoir entrer dans une autre histoire… Mais je me souviens que pour Soleil sale, mon premier roman, l’attente était difficile… Il y avait le fantasme de ne plus bouger, de ne plus rien faire, en attendant la sortie du livre… Après, on s’aperçoit que ça ne se passe jamais comme on l’imaginait…
Ce livre tourne autour du tournage du film Les Oiseaux d’Hitchcock, comment vous est venue cette idée ?
Je venais d’offrir les entretiens « Hitchcock/Truffaut » dans sa version « beau livre » à ma fiancée… Et bien sûr, je n’ai pas pu m’empêcher de le feuilleter. Je l’avais déjà lu des années auparavant mais, sans doute, pas de la même façon, et je crois m’être fait la réflexion que le rapport entre Hitchcock et Tippi Hedren n’avait jamais été traité en fiction, alors qu’il me semblait, qu’il symbolisait bien les rapports hommes/femmes, pour le meilleur comme pour le pire… Le rapport à l’altérité, le « désiré » et le « désirant », et la violence qui peut parfois en résulter… C’est un thème intemporel.
C’est un film qui compte beaucoup pour vous ?
Je ne sais pas vraiment. C’est un film que j’aime mais, après, les listes, leur ordre, changent souvent dans ma tête. Je pense que c’est un film important dans l’histoire du cinéma, comme dans la carrière d’Hitchcock et de Tippi Hedren… Aujourd’hui encore, quand Tippi Hedren signe des autographes, elle dessine un vol d’oiseaux autour de son nom. Le film touche une limite… Comme souvent chez Hitchcock, il y a un sens caché, en tout cas plus profond que ce que l’on voit, c’est la grande force de ce réalisateur.
En lisant le livre, on a vraiment l’impression d’être sur le tournage, quelle est la part de vérité et celle de votre imagination ?
Les anecdotes propres au tournage même du film sont vraies, de même que la plupart des histoires autour du cinéma et des studios d’Hollywood. Curieusement, on ne les trouve pas forcément dans des livres sur le cinéma, mais plus dans des documents ou des interviews sur la mafia… ou les archives du L.A. Times, qui sont consultables sur internet. Une bonne partie d’entre elles n’avaient jamais été traduites en français. D’autres anecdotes ont été transmises par les témoins du tournage dans des interviews, mais sans réelle trace écrite…
Le film, avec quelques autres, fait partie des légendes d’Hollywood. Le cinéma ne se « fabrique » plus comme ça aujourd’hui… D’une part à cause de l’évolution des trucages mais aussi parce que, tout simplement, la société a changé. Il est amusant de remarquer que tous les cinq ou dix ans, Hollywood se lance dans un remake des Oiseaux, mais le projet est chaque fois abandonné… Pourtant, aujourd’hui, on a la possibilité technique de faire « mieux »… Mais à chaque fois la conclusion est : « On n’y arrivera pas ». La télé américaine a fait une suite dans les années 80 mais sans grand intérêt… Sans doute parce que le scénario cherchait à expliquer une histoire qui est inexplicable. La force du cinéma d’Hitchcock, est qu’il parle d’avantage à nos émotions qu’à notre logique. Comme avec Buñuel, ou certains Fellini, Hitchcock travaille sur l’inconscient du spectateur. 
Vous avez aussi réussi à rendre le corbeau Harold presque « humain ». Il y a eu un travail d’observation sur ces oiseaux ?
Oui… A moins que ça ne soit l’inverse… Durant l’hiver où j’ai écrit le texte, il y avait une corneille qui venait régulièrement au bout de ma gouttière. J’aimerais pouvoir dire que j’ai passé des mois à me documenter mais, il y avait d’avantage des intuitions, le genre de réflexion que l’on se fait quand on est excité par l’histoire qu’on veut raconter. « Ça serait bien si les corbeaux pouvaient faire ça et ça… » et à chaque fois, les intuitions se vérifiaient dans les documents consultés. Curieusement, avec les pieuvres, les corbeaux sont des animaux sur lesquels il y a eu peu de recherches avant le début des années 80. Il y avait une transmission orale entre les dresseurs, les fauconniers, d’une génération à l’autre, mais, là encore, relativement peu d’écrits. C’est seulement depuis une dizaine d’années qu’on s’intéresse aux corbeaux, et que l’on va, comme pour les pieuvres, de surprises en surprises. Aujourd’hui, on compare l’intelligence des corbeaux à celles des grands singes. Comme eux, ils fabriquent des outils pour se nourrir, et semblent capables de prêter des intuitions à autrui, ce qui, il y a peu encore, était considéré comme le propre de l’homme. Un corbeau peut, par exemple, créer des leurres, pour tromper l’adversaire : faux nid, fausse réserve alimentaire… Contrairement à la croyance populaire qui en fait un animal « noir », le corbeau est une petite personne très ludique, il passe les deux tiers de son temps à jouer et à observer. Quant à L’humanité d’Harold… Disons que, dans le roman, c’est un corbeau qui finit par se comporter en humain, par amour… Là où les hommes finissent par se comporter comme des oiseaux, parce qu’ils ne savent plus où est leur désir…
Harold est le fil rouge de ce roman, comment votre entourage professionnel a pris cette idée de départ ?
Avec réserve… Mais à sa décharge, j’ai souvent des idées, et je change assez facilement d’idées, ce qui déstabilise ou exaspère un peu tout le monde. Pour « Harold », la première personne à partager mon enthousiasme, et à avoir les nerfs suffisamment solides vis à vis de mes doutes ou de mes changements de cap, a été l’éditrice Nathalie Fiszman. J’avais à l’époque un autre projet que je venais de signer, mais Nathalie a insisté pour que je « reste » sur Harold. De fait, on se racontait l’histoire entre nous, quand on se voyait, « et ça, ça serait bien si… », « et si on faisait comme ça ? », etc. Vous parliez d’attente tout à l’heure, mais la vraie angoisse a été quand j’ai remis le texte à Nathalie. Je pense que si elle, ou son équipe, avait été déçue par le texte, j’en aurais été triste. Après, je ne suis pas un très bon communicant, je n’aime pas ça, j’estime -sans doute à tort – que c’est du temps que je ne passe pas sur mes histoires… Et la rencontre du livre avec un public potentiel, n’appartient pas vraiment à l’auteur ni à l’éditeur. On donne ce qu’on a, au mieux, du mieux que l’on peut… Mais il y a tellement de paramètres extérieurs sur lesquels on ne peut rien… De toute façon – et je sais que c’est un discours qui « crispe » les éditeurs – un bon livre, est un livre qui sort de son temps. Cela peut paraître prétentieux mais ce sont des exemples qu’un auteur ne devrait jamais oublier : Proust a du faire du compte-d’auteur pour sa Recherche du temps perdu, et Kafka n’a vendu qu’une vingtaine d’exemplaires de son premier texte. En disant cela, il ne s’agit pas de dire : « Je suis comme Kafka ou Proust », mais d’accepter de ne pas savoir forcément ce qu’on fait ni à qui on s’adresse, quand on écrit une histoire. Il y a quelque chose de l’ordre de l’indicible, on côtoie des fantômes… Ça a peu à voir avec l’intelligence ou la réflexion… On sait d’où on lance notre histoire, mais on ne sait jamais où elle va tomber… En tout cas, c’est ce fonctionnement-là qui m’intéresse…
Dans ce livre, on a de l’amour, du suspens, du policier, tous les éléments pour un succès d’été. Le sortir juste un peu avant la rentrée, c’était un choix personnel ?
Non. De toute façon, je n’aime pas faire ce genre de choix, et je pense que je n’ai pas à agir ainsi. Initialement, j’étais fatigué et un peu vidé au début du projet. Je pensais m’en tirer avec une centaine de pages. La sortie était prévue pour novembre ou février… Et puis, de fil en aiguille… Là, encore, je n’ai pas, ou plus, vraiment d’attente. J’essaye de rester fidèle à ce que je ressens, à l’histoire que je veux raconter, d’avoir du plaisir, d’en donner aux premiers lecteurs… Mais après, encore une fois, cela ne m’appartient plus vraiment… C’est plus l’histoire d’un texte qui « trouve », ou pas, ses lecteurs…
Avant de terminer, avez-vous déjà des projets pour un futur roman ? Si oui pouvez-vous nous en dire 2 mots pour les lecteurs ?
Il s’agira d’un roman historique, qui aura pour toile de fond la colonisation de l’Algérie, à l’époque de Napoléon III. Il y a eu alors un fait divers qui, au-delà de l’anecdote, symbolise à lui seul tout le rapport d’un pays occidental à ses colonies… L’espoir, la déception, la violence, l’incompréhension… D’une certaine manière, ce fait divers éclaire la recomposition de notre société aujourd’hui, avec ses carences, ses blocages, et ses injustices… En même temps dit comme ça, c’est trop théorique… Disons qu’il s’agira d’un roman d’aventures, où la magie, l’irrationnel, essayent de s’opposer à la violence…
 
Le Mediateaseur remercie encore Louis-Stéphane Ulysse pour son temps et son cadeau très personnel. Harold sort jeudi aux Editions du Serpent à plume, 344 pages, 22€.

HAROLD / BLOG "MOBYLIVRES"


Harold

23AOÛT
Harold de Louis-Stephane Ulysse chez Serpent à Plume
Connaissez-vous Les Oiseaux de Hitchcock ?
Nous sommes aux Etats-Unis en septembre 61. Chase Lindsey, un éleveur d’oiseaux, recueille un corbeau blessé qui porte une bague argentée à la patte. L’oiseau s’appelle Harold.
Ray Berwick, le dresseur de Hollywood, cherche des oiseaux pour un film en préparation, Les Oiseaux d’Hitchcock. Chase s’y rend avec ses volatiles. Lui et Harold sont fascinés par Tippi Hedren. Mais Harold est dangereux… et Tippi, en déroute…
Une histoire étrange, un lien unique entre une star de cinéma et un corbeau plus que curieux. Un coté maléfique se dégage de lui. Des incidents se produisent et souvent Harold en ai la cause ou bien se trouve-t-il suspect et pour cause!
Le fil conducteur du film d’Hitchcock permet à Louis-Stéphane Ulysse de créer une ambiance malsaine et puissante. Cette histoire d’oiseaux est très bien menée, on ressent le malaise des personnages, qui ont pour la plupart existé d’ailleurs!
Enlèvements, manipulations, coups fourrés et autres manigances parsèment ce roman noir. Les chapitres étant très courts et percutants, nous sommes plongés directement au coeur de l’intrigue avec toujours en fond ces oiseaux noirs qui hantent la plupart des personnages. Et quel personnages!
Le lecteur immergé à Hollywood, suit avec plaisir Hitchcock, bien sûr, et ses rapports ambigus avec son actrice ; Gianelli, un preneur son ; Lew Wasserman agent influent à Universal ; Eva, la doublure de Tippi, égérie et starlette à la petite semaine ; Sydney Korshack, avocat mafieux ; Richard « Iceman » Kulkinsky, tueur qui gravite autour de l’affaire de l’assassinat de Kennedy…
Harold ou l’histoire d’un corbeau pas comme les autres. Le mystère reste entier tout le long de ce roman haletant. Certaines longueurs sont à déplorer surtout lorsque Harold sort quelques temps des scènes. Malgré cela, il se dégage de ce roman noir une étrange atmosphère, sombre, mystique, accusatrice même et malsaine.
Harold ou comment lire un livre d’une traite sans s’en rendre compte et flipper à la vue d’un corbeau.
Harold, un roman à lire pour flipper gentiment mais surtout pour vivre un excellent moment cacher au fond de son lit!
A bon entendeur!
SORTIE LE 26 AOÛT 2010

HAROLD / CHRISTINE ROUSSEAU / LE MONDE

Romans français : valeurs sûres et production à la hausse

Très présentes à l'automne 2009, l'Algérie et la guerre d'indépendance sont au coeur des livres de Jérôme Ferrari 
(Où j'ai laissé mon âme, Actes Sud), de Rachid Bouchareb et Olivier Lorelle (Hors-la-loi, Perrin) ou de Bernard du 
Boucheron (Salaam la France, Gallimard).
Qu'elle soit ancienne ou très contemporaine comme dans L'Envers du monde, de Thomas B. Reverdy (Seuil) sur 
l'après- 11-Septembre, l'Histoire reste un puissant creuset romanesque. Les écrivains peuvent en tirer des 
portraits romancés, comme L'Echiquier de la reine, de Yann Kerlau (Plon), sur Christine de Suède ;
 La Princesse de Montpensier, de Bertrand Tavernier (Flammarion, titre provisoire) et Le Ministère des ombres
de Pierre Lepère (La Différence) sur Nicolas Fouquet. Ou encore des tableaux d'époque et de générations, 
comme l'ont fait Claude Arnaud avec les années 1960-1970 (Qu'as-tu fait de tes frères ?, Grasset), 
Gaëlle Bantegnie avec les années 1980 dans France 80 (Gallimard) et William Réjault les années 1990 
(Tous ces jours sans toi, Plon).
D'ART ET DE CRÉATION
L'art et son histoire offrent aussi matière à fiction. Parmi elles, citons : Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants
de Mathias Enard (Actes Sud) sur Michel-Ange ; Un coin de table, de Claude Chevreuil (De Fallois) sur 
Henri Fantin-Latour. Et sur la musique, Mamita, de Michel del Castillo (Fayard). Côté cinéma, signalons 
Les Sentiments, d'Agnès Michaux (Flammarion) sur Marylin Monroe, dont Le Seuil publiera, en octobre, 
les écrits intimes. Ou encore On ne peut plus dormir tranquille quand on a une fois ouvert les yeux
de Robert Bober (POL), qui évoque François Truffaut, 
et Harold, de Louis-Stéphane Ulysse (Le Serpent à plumes), autour de Hitchkock.
Dans le domaine littéraire, outre Le Réprouvé, de Mikaël Hirsh (L'Editeur) sur Céline, plusieurs titres 
portent sur la création dont Double oubli de l'orang-outang, d'Hélène Cixous (Galilée) ; Consolation
de Mireille Calle-Gruber (La Différence) ; Un mage en été, d'Olivier Cadiot (POL). 
Enfin, le théâtre n'est pas oublié grâce à Celia Levi (Intermittences, Tristram) 
et Florence Giorgetti (Do you love me ?, Sabine Wespieser, octobre).
FAMILLE, QUAND TU NOUS TIENS...
Des relations parents-enfants à la quête du père ou de la mère en passant par les récits d'enfance, la famille 
reste un sujet incontournable pour nombre de primo-romanciers tels Virginia Bart 
(L'homme qui m'a donné la vie, Buchet-Chastel), Julie Douard (Après l'enfance, POL), 
Antonia Kerr (Des fleurs pour Zoé, Gallimard), Anne Berest (La Fille de son père, Seuil) 
ou Balthasar Thomass (Le Cercle des cendres, Philippe Rey). Mais aussi pour de jeunes 
auteurs tels Jean-Baptiste Del Amo (Le Sel, Gallimard) ou Cécile Coulon 
(Méfiez-vous des enfants sages, Viviane Hamy). Et des romanciers confirmés comme 
Jean-Baptiste Harang (Nos coeurs vaillants,Grasset), Claude Louis-Combet (Le Livre du fils, Corti) 
ou Jean-Michel Maulpoix (Journal d'un enfant sage, Mercure de France).
D'AMOUR ET DE DÉSIR
Que serait une rentrée sans romans d'amour ? Du chassé-croisé amoureux version Ego Tango
de Caroline de Mulder (Champ Vallon) ou Bibi, de Victor-Lévy Beaulieu (Grasset, premier roman), 
aux affres des amours adultérines (Plage, de Marie Sizun, Arléa) et à la séparation 
(La Seule, de Maud Basan, Denoël), en passant par la question du désir 
(La vie est brève et le désir sans fin, de Patrick Lapeyre, POL), l'éventail est large. 
Les amateurs de textes plus sulfureux pourront faire leur miel de Nora, de Robert Alexis (Corti), 
Odeur de sainteté, de Jacques Abeille (Atelier in 8) ou Avec Bastien, de Mathieu Riboulet (Verdier).
Le corps peut cependant prendre des tournures plus cruelles comme l'illustrent Vivement l'avenir
de Marie-Sabine Roger (Rouergue), sur le handicapEspèces, de Ying Chen (Seuil) ou Corps
de Fabienne Jacob (Buchet-Chastel), qui porte un regard particulièrement féroce 
sur le marché bien contemporain de la beauté.
Christine Rousseau