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NOTES / TOUT PETIT DEJA...






















HAROLD / AUGUSTIN TRAPENARD / ELLE

TOUTES LES NOUVELLES DE MON QUARTIER INTERESSENT LE MONDE ENTIER / GUILLAUME 01 / SITE "CIAO.FR"




Une vie pour rien.

5  28 juil 2004
Avantages:
Lu rapidement ; Style parlé très vivant
Inconvénients:
Glauque ; Froid ; Destabilisant par moments
Recommandable: Oui  









Cet avis a été évalué par 47 membres de Ciao en moyenne: très intéressant 

Une couverture colorée, un format court, je me disais que tous les ingrédients étaient réunis pour que je passe une excellente après-midi en compagnie de ce petit livre. Un petit livre que Louis-Stéphane Ulysse a écrit « Pour les gens, pour l’argent », premiers froncements de sourcils devant cette dédicace peu ordinaire. L’auteur m’était inconnu.
Et puis tout de suite le style frappe, « Je vis dans une banlieue de New-York, ça s’appelle Près-De-Paris et c’est en France. Le problème, c’est que les gens qui vivent ici se croient au centre du monde alors qu’ils sont précisément à l’endroit du trou de balle. Je vis dans un trou de balle dont plus personne n’a rien à foutre, ça s’appelle Près-De-Paris et ça se trouve dans un pays où on se fait tirer dans le dos quand on a peur de vous. » Personnellement j’ai ressenti le même choc qu’à la lecture de « Football Factory » de John King, une écriture cynique qui assène des vérités crues à la chaîne sans même nous laisser le temps de réaliser l’horreur des faits. Morceaux choisis :
« Des gosses dansent autour de la carcasse calcinée (d’une voiture). Je pense que maintenant, Sanchez doit se trouver un autre endroit pour sauter sa nièce à l’abri des regards indiscrets. »
« Il en faut plus pour décourager Rabah qui avance en se déhanchant de plus belle sous les sifflets des gosses. On dit que Rabah il l’a, mais que ses vieux sont pas au courant puisqu’il trafique ses analyses. »

Rassurez-vous je n’ai pas l’intention de recopier le bouquin ! Le monde qui y est décrit est cruel, froid, des choses atroces s’y passent sous les yeux de protagonistes déshumanisés à l’image de la cité qu’ils peuplent. Arrestations, meurtres, viols, drogue, bagarres, vengeances, agressions, inceste, tout un quotidien atroce au beau milieu duquel le narrateur vit indifférent, il y a grandi.
Dans ce roman à la première personne, notre héros n’a pas de nom, jamais ses potes ne l’appellent, comme s’il était le seul à se débattre, mais toujours aucun sentiment ne transparaît. Juste un idéal de liberté, prendre une voiture et ficher le camp, prendre l’autoroute du soleil et rejoindre la mer. Pour cela, avec son ami Kadaf’, il peint. Ils sont repérés un soir par Sandra, propriétaire d’une galerie qui recherche des graffiteurs talentueux pour une expo. Le succès est au rendez-vous, les ennuis aussi quand ce même Kadaf’ plonge dans le business de poudreuse…
Autour de ce binôme il y a toute la vie de la cité avec le Christian le drogué, l’homme seul, Mathilde, Wham la prostituée, Rabah l’homo, le limonadier Bartone, la petite fille des caves… Véritable tragédie moderne, les Nouvelles de mon Quartier nous montrent des destins soumis qui vont irrémédiablement et consciemment à l’autodestruction, allant même jusqu’à tourner le dos aux mains tendues.
Deux solutions une fois le livre refermé, certains seront choqués et se précipiteront sur leur liste noire de la littérature française afin d’y inscrire le nom de Louis-Stéphane Ulysse.
Personnellement je préfère y voir une critique féroce de l’indifférence générale qui régit le monde et les rapports entre les personnes. C’est précisément parce que tout le monde s’en fout et qu’il n’a jamais vu autour de lui que des gens qui s’en foutent que le narrateur s’en fout qu’on ne retrouve jamais le meurtrier de la petite fille des caves, qu’il s’en fout des voitures qui flambent, du sida, de l’amour, des gens seuls et de victimes volées, frappées, violées. Il n’a jamais appris à vivre avec les autres, toujours confiné dans le petit monde de la cité avec ses habitants cherchant à attirer la complainte mais ne se préoccupant que d’eux-mêmes.
Ce regard est-il vrai ? Est-ce une vision fidèle du monde à travers les yeux d’un mec de la cité ? Je l’ignore. Mais je ressens beaucoup de véracité dans tous les propos, et la démonstration finale de Faye, le cousin Malien rentré au pays volé et humilié en France, sera à cet égard édifiante, « Il y a de tout là-bas, sauf des gens normaux. Oui, mon cher, c’est comme je le dis. […] Et certains iront même vous pisser dessus tout simplement parce qu’ils ne vous ont pas vu ! ».
147 pages, quelques heures passées en compagnie d’un livre marquant et dont on se souvient, c’est finalement l’essentiel.
@+
source : http://www.ciao.fr/Toutes_les_nouvelles_de_mon_quartier_interessent_le_monde_entier_Louis_Stephane_Ulysse__Avis_703213

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